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Banque Populaire V – Trophée Jules Verne 2012 : record homologué

   On apprend, sans grande surprise, que le tour du monde à la voile en équipage et sans arrêt ni assistance, bouclé par le maxi trimaran Banque Populaire V en janvier 2012, est maintenant homologué par le Word Sailing Speed Record Council (WSSRC).

  Les chiffres officiels nous donnent 45 jours (chiffre arrondi) à la vitesse moyenne de près de 20 nœuds. Belle victoire pour Banque Populaire V qui a creusé un net écart par rapport à son prédécesseur, Groupama 3.  N’empêche que Loïck Peyron et son équipage ont dû trimer pour y arriver. La descente vers l’équateur et la traversée du Pot-au-noir, avant de toucher par après les 40èmes rugissants est déjà une bonne indication de ce qui va se jouer en termes de chiffres comparatifs sur le reste du parcours. Si, comme on le dit dans les milieux de la course au large, les chances de succès se jouent dans les conditions de départ, il y avait effectivemment de quoi se réjouir une fois sur le circuit de vitesse des 40èmes. Malgré cela, un champs de glace droit devant, un détour obligé…, l’équipage de Loïck n’était pas au bout de ses peines.

   Revenons aux chiffres de base : le record précédent effectué par Groupama 3, homologué en 2010, nous donnent 48 jours (chiffre arrondi aussi) à la vitesse moyenne de presque 19 nœuds.

   Ces chiffres bien arrêtés ne disent pas tout. On remarque l’écart de trois jours entre le dernier record arraché par Franck Cammas et son équipage, et le dernier par Loïck Peyron et son équipage. Quel acharnement ou quel coup de bol cet écart suppose-t-il ?

  Ces deux multicoques soigneusement conçus et mis au point, vu leur grande taille et les défis a affronter, sont parmi les plus rapides au monde pour la course au large, à cette différence près qu’ils sont assurément les plus solides et les mieux dirigés, compte tenu des efforts de structure subis par ces voiliers jour après jours par gros temps et de la performance des équipages.

   Trois jours d’écart pour une différence d’un (1) nœud de vitesse moyenne… Qu’est-ce que cela peut bien nous dire ? Supposons un voilier se déplaçant plus vite qu’un autre à raison de 1 nœud. En 1 jour, il aura parcouru 24 nautiques de plus que l’autre. En 45 jours, il aura parcouru environ 1 100 milles marins de plus que l’autre. Que faut-il en penser ?  Que Banque Populaire V est, dans l’absolu, plus rapide que Groupama 3 ou, tout simplement, qu’il a réussi à suivre un trajet plus court sans casse ? 

   Comme le chantait Bob Dylan: The answer is blowing in the wind,  ‘wind’ au sens figuré, s’entend. Il y a tant d’impondérables dans une course à la voile autour du monde : les vents, la position des anticyclones déterminants, celle des champs de glaces (icebergs et growlers) autour du pôle sud, l’audace d’un skipper par rapport à l’autre, la qualité des données météo et de la position des glaces communiquées par le routeur.

   La liste des facteurs est plus longue, bien sûr. Il serait édifiant de comparer tout d’abord la distance précise parcourue par chacun des deux multicoques en milles marins. Le WSSRC n’en tient pas compte pour l’homologation. Notons en passant que Banque Populaire V et Groupama 3 sont chacun parti de Brest et y ont franchi aussi la ligne d’arrivée.

   Pour bien apprécier la part d’incertitude quant aux raisons qui ont permis à Banque Populaire V d’arracher un nouveau record du tour du monde à la voile, rappelons-nous de Michel Desjoyeaux sur Foncia, un monocoque, qui a bouclé le tour du monde sans arrêt et, en plus, en solitaire en 84 jours à près de 11 nœuds de moyenne. Un record en soi, bien homologué. Ce que le WSSRC ne dit pas dans son cas, c’est qu’il lui a fallu faire route plus au nord pour respecter les barrières de glace instituées par le comité organisateur du dernier Vendée Globe. Un joli détour. C’est pourquoi il n’y a pas encore lieu de conclure  qu’un multicoque va nécessairement deux fois plus vite qu’un monocoque.

   L’avenir a encore beaucoup à nous apprendre à ce sujet. D’ailleurs, une nouvelle édition du Vendée Globe se prépare pour l’automne 2012 et d’autres tentatives de battre le dernier record du Trophée Jules Verne sur multicoque se succéderont. Les paris sont ouverts.

Nouveau record absolu de vitesse à la voile sur l’eau

    L‘organisme international chargé d’homologuer les records de vitesse à la voile sur l’eau a émis un communiqué de presse, le 2 décembre 2010, déclarant que le record absolu de vitesse à la voile sur l’eau qu’Alex Caizergues avait atteint le 12 octobre dernier en Namibie est maintenant homologué.

   On se souvient effectivement que le 12 octobre dernier, Alex avait tenu en kite-surfing la vitesse moyenne de 54,10 noeuds.  Du jamais vu !  La barre des 100 km/h était enfin franchie par… un engin aquatique à voile de faibles dimensions, manoeuvré par une seule personne.

   Simple formalité, pourrait-t-on dire ?  Pas du tout.  Le World Sailing Speed Record Council (WSSRC)lève tout doute sur les performances d’Alex à la voile.  Le kite-surfing promet des records de vitesse moyennes intéressantes.  Plusieurs kite-surfeurs luttent pour la première place.  Alex l’a arrachée à Robert Douglas qui détenait le record de vitesse sur 500 en kite-surfing depuis un peu plus de deux ans.

   Alex Caizergues peut bien se targuer d’être incontestablement la personne la plus rapide sur l’eau à la voile.

   En plus, le record est absolu.  Alex n’est pas simplement le plus rapide à la voile dans sa catégorie; il l’est dans toutes les catégories d’engins aquatiques à voile, peu importe la distance parcourue.

   Petit rappel : le WSSRC ne se préoccupe pas pour l’instant des records de vitesse de pointe.  Cela tient vraisemblablement aux difficultés de bien mesurer un record de vitesse à la voile.  L’organisme ne peut pour l’instant qu’homologuer des vitesses moyennes, en commençant par les vitesses moyennes sur 500 mètres.

   En ce qui concerne le record de vitesse absolu à la voile sur l’eau, le record officieux appartient au maxi-trimaran Hydroptère qui aurait atteint, en 2009, la vitesse de pointe de 61 noeuds.  En fait de vitesses moyennes sur 500 mètres, l’Hydroptère n’est pas loin derrière Alex, à cette différence-ci que l’Hydroptère a également atteint en novembre 2009, le record de vitesse moyenne de 50,17 noeuds sur une distance d’ un (1) mille nautique.  A ce niveau-là, l’Hydroptère n’est pas surpassé.

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Notice du 15 juillet 2001 :

Après consultation aujourd’hui du site Web de l’organisme international d’homologation des records de vitesse à la voile sur l’eau, rien à signaler en fait de records sur voiliers conventionnels.  Je garde à l’esprit les records  toujours non détrônés de Franck Cammas sur le trimaran Groupama 3 et celui de Michel Desjoyeaux sur le monocoque Foncia, tous deux en tour du monde non-stop en solitaire.  Ce sont pour moi les records les plus remarquables jusqu’à présent.  À quand les nouveaux records dans la même catégorie ?  Que je sache, il n’y en a pas pour l’instant en voie d’homologation.

Notice du 16 janvier 2011 :

   De noeud en noeud, les records de vitesse en kite-surf se succèdent du côté masculin, depuis le record de 54,10 noeuds d’Alex Caizergues.  Le flambeau revient pour l’heure à l’Américain Rob Douglas qui a touché les 55,65 noeuds en octobre 2010, un record qui lui a valu malheureusement des blessures après un chute désastreuse à haute vitesse.  Je salue ces courageux athlètes du vent et de l’eau, et je salue surtout en passant le record féminin tout récent en kite-surfing de plus de 50 noeuds, soit 50,43 plus précisément, atteint à la même époque par  Charlotte Consorti.  Son record dépasse de presque huit noeuds le précédent record féminin.  Chapeau !  Et aussi tous mes souhaits de convalescence à Rob Douglas.

   Mon intérêt pour les records de vitesse absolu sur l’eau à la voile s’arrête ici.  Je m’en tiendrai donc aux records de vitesse réalisés sur des voiliers conventionnels, monocoques et multicoques.  Les records abolus, tous engins à voile confondus, sont difficiles à suivre.  Notons par ailleurs que les records de vitesse moyenne à la voile tourdumondiste détenus par des mineurs d’âge ne suscitent plus mon intérêt pour des raisons de sentiment de responsabilité envers les adolescents, à l’instar du World Sailing Speed Record Councilqui n’en tient plus compte afin de protéger les jeunes de tentatives trop hardies pour leur âge.  Idem pour les séniors.  Bravo, mais nous ne voudrions pas vous inciter non plus à vous pousser toujours plus loin à l’extrême limite du possible.  Un record en appelle un autre, avec pour résultat que le risque n’en vaut plus la chandelle, à mon humble avis, tant que les moyens de protection raisonnables ne sont pas conçus et appliqués.

Banque Populaire V fracasse un nouveau record de vitesse à la voile

Bravo Banque Populaire V !  On apprenait en effet il y a deux jours que le maxi trimaran Banque Populaire V venait de rallier Marseille à Carthage, une distance de 477 miles,  à la vitesse moyenne de 33,24 noeuds.  Temps de traversée: 14 h 20 m.  Fort impressionnant, il n’y a pas à dire.

Pour tenir cette vitesse moyenne, il serait bon de savoir quelle vitesse de pointe maximale Banque Populaire V a pu atteindre durant cette  fabuleuse traversée.  Sa vitesse de pointe se rapprocherait-elle, par hasard, des vitesses de pointe comparables,  pour l’heure, à celles de l’Hydroptère ?   A vérifier…

Quelles nouvelles surprises nous réservent les trois grands chasseurs de records de vitesse moyenne à la voile?  Je pense notamment à l’Hydroptère, à Groupama 3 et à Banque Populaire V.

On verra bien.  En attendant, soulignons néanmoins que Groupama 3 détient toujours le record de vitesse sur le plus long parcours, soit le tour du monde à la voile en équipage par les trois caps.