Sélectionner une page

Vendée Globe : 100ème jour de course

J’ai sans doute le même travers que beaucoup de spectateurs de la course. Notre intérêt diminue légèrement après l’arrivée des premiers concurrents. Je ne me confesse pas, je constate : selon les analyse de Google Analytics, la fréquentation générale des sites web et des blogues consacrés au Vendée Globe diminue progressivement depuis l’arrivée de Desjoyeaux.

Toutefois, je n’ai pas fini de bloguer sur cette édition du Vendée Globe et je tiens d’ailleurs à saluer en particulier l’arrivée de Dee Cafarri le lundi 16, en sixième place au classement de la course.

Je n’ai pas de commentaires savants à rédiger au sujet de sa course et de ses épreuves. Les qualités de cette femme skipper ont commencé à retenir mon attention depuis la vidéo (accessible sur le site du Vendée Globe) prise d’un bimoteur léger à l’est de la Nouvelle-Zélande et du dialogue radio air-mer avec elle. Sa grand-voile montrait déjà des signes de faiblesse et voilà qu’elle devait décider assez rapidement s’il était prudent de traverser le Pacifique sud, passer le cap Horn et ensuite remonter l’Atlantique. Ele a décidé de continuer.

Arrivée à l’ouest du cap Horn, la météo prévoit le passage d’une forte dépression non loin à l’est de sa position. Là encore, nouvelle vidéo, cette fois envoyée d’Aviva. D’un ton calme mais grave, elle évalue méthodiquement ses options. Elle sait que la mer sera vilaine et qu’elle risque d’y écoper si elle entame le passage du cap Horn sans lever le pied. Mais comment fait-on pour lever le pied alors que la mer à l’ouest du cap Horn n’était pas des plus belles non plus ? Pour un Open 60, lever le pied par vent fort au portant signifie s’exposer à des déferlantes destructrices. Derek Hatfield et autres skippers pourront vous le confirmer.

Dee a souspesé toutes ses options et a jugé plus prudent de se tenir à carreau à l’ouest du Horn en estimant, sans doute, qu’entre deux maux, vaut mieux choisir le moindre. Sur la vidéo, ses mots en cet instant décisif étaient clairs, logiques, son raisonnement impeccable, son front à peine plissé par le souci des heures à venir.

Une fois dans l’Atlantique sud, elle affale sa GV complètement et se met à la réparer sur le pont dans l’espoir de tenir ensuite jusqu’à l’arrivée. Pari tenu, pari gagné !

Dee, la prochaine fois que je me trouve en croisière côtière (je ne fais pas de large encore), si le temps devient menaçant, je n’oublierai jamais la belle leçon de calme et de raisonnement mûr que tu as donnée aux spectateurs du Vendée Globe dans des conditions aussi difficiles.

Vendée Globe : 98ème jour de course – Guillemot à l’arrivée !

A l’instant où j’écris ces lignes, Guillemot sur Safran est sur le point de franchir la ligne d’arrivée aux Sables d’Olonne à la vitesse de 7 noeuds. Encore quelques centaines de mètres à parcourir…

Il est debout à l’étrave de Safran au moment de franchir la ligne d’arrivée à … paf! 2 h 21′ 36″ (heure française).

Le voilà bel et bien troisième en temps compensé au classement de cette édition formidable du Vendée Globe.

Taïaut, c’est fait ! Marco y est, sous le fil du rasoir. En effet, selon mes calculs et mes observations du site officiel du Vendée Globe, moins de deux heures plus tard, la troisième place aurait été définitivement acquise à Sam Davies.

Guillemot a fini la course en 95 jours, 3 heures, 19 minutes, 36 secondes.

Bravo Marco !

Vendée Globe : 97ème jour de course

Au pointage de minuit en ce 97ème jour de course, tandis que les réjouissances se poursuivaient durant la journée autour de Sam Davies (3e) arrivée la veille aux Sables, Guillemot (4e) et Thompson (5e) ont remis le cap au sud-est vers la ligne d’arrivée, après s’être rapprochés de la côte bretonne à la hauteur de Concarneau.

Guillemot est à peine à 25 nautiques de la côte à la recherche vraisemblablement de vents plus favorables qu’en haute mer. Selon Cafarri (6e), la mer est presque lisse en haute mer ce qui lui permet de toujours bien avancer dans du petit temps malgré sa GV en bien mauvais état. Elle observe cependant que les vents dans son secteur ne sont pas conformes aux prévisions, ce qui pourrait être aussi ce qui gênait la progression de Guillemot. D’où l’espoir de ce dernier d’aller chercher des vents côtiers plus favorables pour la descente finale vers les Sables.

Météo France annonce dans son ‘bulletin côte’ pour le dimanche 15 février, dans la zone de Guillemot, des vents de secteur est de 3 à 4 Beaufort. Reste à voir donc si, au pointage de 6 h dimanche matin, les vents prévus se matérialiseront auquel cas Guillemot verrait sa moyenne augmenter sensiblement en faisant du près, malgré les avaries subies au niveau de la quille et d’une des dérives de son bateau. S’il parvient à stabiliser son bateau et tenir une moyenne minimum de 6 noeuds environ, les 131 nautiques de sa position relevée à minuit jusqu’à la ligne d’arrivée seraient avalés juste à temps pour monter sur le podium.

Pas de quoi trop s’énnerver encore. On verra bien aux pointages de 6 h et de 11 h ce qu’il en est pour lui. L’important dans son cas est la sécurité personnelle et celle de son bateau, écoute de grand-voile bien accrochée à son poignet au cas où.

Signalons en terminant que Wilson (8e) devrait atteindre le pot-au-noir dans la journée de dimanche.

Vendée Globe : 96ème jour de course – Roxy crosses the line!

Bravo Sam Davies ! La ‘Roxy Girl’ par excellence est arrivée troisième en temps réel le samedi 14 février, à 1 h 41, heure française, aux Sables d’Olonne.

Elle a franchi la ligne d’arrivée à marée basse et il lui faut attendre quelques heures encore à l’extérieur du port avant de pouvoir enfiler le chenal d’entrée. Qu’à cela ne tienne, il y a foule et c’est la fête sur l’eau autour de Roxy à la lumière de projecteurs et des flashs.

Et on apprend en dernière minute que c’est la fête aussi sur Roxy où sont venus la rejoindre sa famille, son ami de coeur, son équipe technique et autres proches. Ils lui ont surement apporté des fruits frais qu’elle voulait tant croquer depuis des semaines.

Belle victoire pour cette jeune britannique de 34 ans qui avouait bien humblement, malgré ses antécédents marins impressionnants, apprendre à bien mener Roxy dans son premier Vendée Globe de jour en jour. Ses performances à la prochaine participation au Vendée Globe, dit-elle, seront encore meilleures en raison de l’expérience accumulée.

Son calme, son humour, sa bonne humeur, sa joie de vivre tout au long de la course ont eu un effet favorable sur le moral de la plupart des skippers.

Quant à savoir si elle montera effectivement sur le podium, il faudra attendre l’arrivée de Marc Guillemot sur Safran qui bénéficie de deux jours de temps compensé sur Davies.

Par ailleurs, on peut aussi imaginer la joie des commanditaires de la ‘Roxy Girl’ chez Roxy Co. qui lui avaient bien indiqué de prendre plaisir à ce Vendée Globe avant tout, de faire une bonne course, et qu’ils seraient satisfaits si elle arrivait parmi les dix premiers (avant l’hécatombe d’abandons, je suppose). Voilà un sponsor dont le porte-étendard aura dépassé tous les espoirs.

Guillemot n’a pas la partie facile avec son bateau amputé d’une quille, une des deux dérives abîmées, peinant dans des vents faibles et contraires vers la ligne d’arrivée à environ 250 nautiques de Davies. S’il parvient à tenir une moyenne de 7 noeuds, même en tirant des bords, et en jouant de prudence pour la stabilité de son bateau, Guillemot a de bonnes chances de prendre la troisième place sur le podium. On sera fixé à ce sujet très tôt lundi matin.

Thompson et Cafarri sont sur les talons de Guillemot. Thompson passera vraisemblablement devant Guillemot avant l’arrivée. Quant à Cafarri, non loin derrière Thompson, tout dépend de ce que peut encore donner sa grand-voile délaminée avec l’aide des voiles d’étais dans le petit temps.

Au pointage de minuit, Marc Guillemot sur Safran marchait en direction sud de la ligne d’arrivée aux Sables, à près de 8 noeuds de moyenne au portant. D’ici une douzaine d’heures, s’il remonte plus à l’est vers la côte, il aura des vents légers mais favorables. Tout porte à croire que ce skipper au bateau mal en point montera sur le podium en troisième place en temps compensé bien mérité, sans rien enlever au prestige dont jouit actuellement Sam Davies à la ligne d’arrivée. En mettant de l’est dans son cap sous peu, il n’aura peut-être même pas à louvoyer vers l’arrivée. Touchons du bois pour lui.

Vendée Globe : 95ème jour de course

Pas grand-chose à dire suite au pointage de 15 h aujourd’hui, sinon de constater l’évidence : Davies (3e) est encalminée à moins de 200 nautiques de la ligne d’arrivée. La carte des vents n’est guère encourageante pour les prochaines 24 heures entre sa position au nord-ouest des Sables et la ligne d’arrivée.

Guillemot (4e) se démène plutôt bien en direction de l’arrivée, compte tenu de ses avaries. Le site du Vendée Globe présente aujourd’hui une vidéo intéressante mais périmée de ce skipper inébranlable.

Thompson (5e) et Cafarri (6e) gagnent du terrain sur le duo de tête en raison de bons vents dans leur zone.

On assiste à un concerto à quatre coques en crescendo vers la ligne d’arrivée. La finale de ce concerto marin est entre les mains de Dame Nature dont les instruments à vent sont toujours en pleine improvisation.

Voyons voir au pointage de minuit ou de six heures quelle mélodie l’emportera.