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Bien nichée dans la côte de la province de la Nouvelle-Écosse au Canada, la baie de Mahone Bay est incontestablement l’un des hauts-lieux de la voile au Canada.

Venez jeter un coup d’oeil virtuel sur ce site.  A vous ensuite de vous laisser tenter par la réelle découverte de ce paysage marin exquis, émaillé d’endroits de villégiature accueillants et de nombreuses plages satinées.  Le rivage borde un vaste plan d’eau protégé, lieu idéal pour vous entraîner à la voile avant de vous lancer dans les embruns de l’Atlantique.

Voilà plus de cinq ans que j’habite au bord de cette baie, non loin de Mahone Bay, village tranquille aux trois clochers « carte postale » en Nouvelle-Ecosse (Canada).  Et pourtant, jamais encore je n’ai vanté les mérites ni la beauté de cette petite merveille de la nature.  Fausse pudeur ou quoi…?

A titre d’introduction toute en images, je vous propose de regarder un diaporama de la région suivi de la prise de vue ci-dessous par Google Earth.

Côte atlantique de Lunenburg à Halifax

Côte atlantique de Lunenburg à Halifax

En parcourant YouTube récemment, je suis tombé sur une vidéo qui relate mieux que moi, avec sons et images, les activités estivales envoûtantes de cet endroit idéal pour la voile. Je conserve une admiration profonde pour la Baie de Quiberon (Morbihan) où j’ai appris à faire du dériveur et ensuite de la croisière côtière en rayonnant vers Concarneau et l’île d’Yeu. Mon bon souvenir de la Baie de Quiberon ne changera jamais.

Il a fallu que je tombe sur cette vidéo de la «Chester Race Week 2009» pour me rendre compte de la qualité de cet espace marin et humain qui maintenant m’environne.  (Désolé, je n’ai pas trouvé de version française.)

Un heureux concours de circonstances m’a amené à m’installer à Mahone Bay, dans l’Est du Canada. Un autre paradis de la voile. Notre Bénéteau Océanis 323 y trouve son compte et notre petite famille aussi. Vu les capacités de croisière qu’offre le Bénéteau 323, nos croisières nous ont emmenés bien au-delà des limites géographiques de la baie de Mahone Bay.

Il y a certes des paradis de la voile un peu partout dans le monde. Ce qui sans doute distingue la baie de Mahone Bay des autres plans d’eau abrités de bonnes dimensions, tient au culte qu’on y trouve des goélettes en bois, un peu comme le célèbre Bluenose II, mais plus petites.

Rarement je n’ai eu autant de plaisir à la voile qu’en croisant, dans un chenal ou au beau milieu de la baie, un groupe de goélettes du bon vieux temps, toutes voiles dehors, marchant à vive allure. On a presque l’impression de contempler de près une procession religieuse toute emplie de dévotion, de couleurs et de gaité.  Ces goélettes sont dans état impeccable. Il y a chez ces amateurs de goélettes beaucoup de fierté et de connaissance de l’histoire la voile qui leur procurent l’ardeur nécessaire, chaque hiver, aux travaux d’entretien de leur goélette.

Voilier remontant le chenal d’Indian Point entre Mahone Bay et Chester

L’histoire de la pêche en mer à l’aide de goélettes revêt une telle importance que les autorités publiques ont décidé d’engager des travaux de remise en état du Bluenose II dont il est question ci-desus.

Pourquoi un culte de goélettes en bois, me direz-vous ?  C’est que ces goélettes faisaient jadis partie de l’économie de la Nouvelle-Ecosse. Elles étaient conçues et construites pour aller pêcher la morue sur les grands bancs de Terre-Neuve, beau temps, mauvais temps. Elles étaient rapides, leur pont permettait d’y empiler des ‘dories’ l’une sur l’autre et leur cale pouvait emmagasiner du poisson dans le sel, en grandes quantités. Une campagne de pêche pouvait durer près de trois mois. Rien d’inhabituel si l’on considère la vie des pêcheurs d’Islande racontée par Pierre Loti sous forme de roman.

La nécessité de concevoir des goélettes sans cesse plus rentables ont rendu plus d’un chantier naval célèbre pour ses réalisations comme, par exemple, le chantier Stevens de Chester. Et j’en passe. Une concurrence amicale s’est développée avec les pêcheurs américains du littoral est des Etats-Unis, comme en témoigne le musée maritime de Mystic. Et les concepteurs et constructeurs de goélettes de pêche, petites ou grandes, se sont mis à rivaliser en excellence et… en vitesse pure. C’est ainsi qu’au 19ème siècle et au début du 20ème siècle, on organisait régulièrement des régates de goélettes visibles depuis la terre ferme, au grand plaisir des spectateurs.

Les chantiers navals américains étaient innovateurs.  Toutefois, le Bluenose canadien a remporté toute une série de régates qui l’ont porté dans la légende des goélettes rapides. L’exemplaire original a sombré après bien des années de navigation, mais un deuxième exemplaire, le Bluenose II, navigue toujours le long du littoral est du Canada, en faisant aussi quelques incursions dans les terres grâce aux voies maritimes comme celle du Saint-Laurent.

Une bonne partie de chaque été est consacrée à mettre le Bluenose II au service des touristes à Lunenburg en Nouvelle-Ecosse. On rapporte que cette imitation parfaite du premier Bluenose tient toujours les 18 noeuds par bon vent avec touristes à bord. De quoi donner envie aux skippers de maxi-multicoques et d’Open 60 IMOCA de se mesurer à ce voilier légendaire.  😉