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Steve White, le skipper britannique de Toe in the Water, a franchi la ligne d’arrivée en ce 109ème jour de course, à 13 h 38 (heure française). Calme, posé, méthodique, il est arrivé en skipper affairé sur son bateau devant une foule impressionnante, d’autant plus que nous sommes en semaine.

Il n’a pas fait de pirouette sur le pont ni d’acrobatie sur l’étrave pour épater la foule en remontant le chenal du port tant il était surpris sans doute de s’apercevoir qu’en France les foules se déplacent, même en semaine, pour venir saluer l’arrivée du huitième concurrent à boucler l’Everest de la course au large.

Par contre, une fois les voiles affalées et le bateau s’approchant de la jetée du port, il n’a pas manqué de rendre au public les salutations et les félicitations qui lui pleuvaient dessus. Retrouvailles émouvantes avec ses proches, suivies de ses premières impressions de la course et de son arrivée aux Sables. Un visage confiant, souriant, retenant comme seuls les Britanniques savent bien le faire, une surexcitation intérieure d’avoir enfin réalisé un rêve vieux de dix ans : participer au vendée Globe, boucler la boucle sans casse, très honorablement.

Il pense déjà aux prochaines courses et se dit prêt à monter son esprit de compétition d’un cran ou deux, maintenant qu’il a bien appris à gérer les parcours d’endurance à la voile par tous temps. Un sponsor, un bateau plus aggressif… et on le verra se présenter à la ligne de départ de prochaines courses aussi prestigieuses qu’exigeantes, prêt à foncer.

Bravo Steve ! Tu es la preuve vivante que lorsqu’on veut vraiment, on peut participer au Vendée Globe et terminer la course, même avec un capital modeste. Le Vendée Globe n’est pas réservé à quelques rares bien nantis; c’est là l’un des grands mérites des concepteurs de cette course au large.

Son poursuivant, Rich Wilson (9e), est toujours aux prises avec un mur pratiquement infranchissable de vents faibles de direction variable qui l’empêche de remonter l’Atlantique ou de progresser vers l’est plus rapidement. Son détour à l’ouest n’a pas été payant. Selon la carte des vents, dans 36 heures environ, il devrait pouvoir faire de l’est à une vitesse nettement supérieure. Patience !

Dinelli (10e) profite des Alizés d’est pour tenir une vitesse respectable malgré une mer toujours inconfortable dans son secteur. Il arrive au 20ème parallèle nord sur les traces de Wilson. Je doute toutefois qu’il aille aussi loin à l’ouest que son prédécesseur.

Sedlacek (11e) est sorti du pot-au-noir et touche les Alizés du nord-est. Il doit être heureux d’avoir retrouvé du vent après des jours à se traîner dans une chaleur moite.

Je ne vois pas pour l’instant comment on peut prédire la date d’arrivée de Wilson aux Sables, même à deux ou trois jours près. Sa neuvième place à la ligne d’arrivée n’est toutefois pas comprise en raison de l’écart important entre lui et Dinelli.