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En ce 89ème jour de course, le 7 février plus précisément, Le Cléac’h a franchi la ligne d’arrivée aux Sables, bon deuxième de l’édition 2008-2009 de la plus exigeantes des courses au large en solitaire et sans escale.

Il est arrivé deuxième aux Sables à moins d’une semaine après Desjoyeaux. Très heureux pour lui, franchement. Quelqu’un peut-il me dire comment on fait pour sortir d’une mer et de vents aussi taquins que malins frais rasé, la mine relaxe et réjouie ? Ce grand marin avait un passager clandestin : un barbier. Enfin, il est vrai qu’à 31 ans, on peut tout faire sans se claquer, pour peu que l’on soit bien entraîné.

Laissons-le festoyer aux Sables en sablant ou sabrant le champagne, selon qu’il ait l’esprit encore tranchant ou non.

La tête de course, où en est-elle? Guillemot passe en troisième position au nord de Davies, mais fais gaffe, Marco : Davies a plus d’un tour dans son sac. S’il est vrai qu’elle a hésité deux ou trois fois quant à la meilleure route à suivre pour contourner l’anticyclone des Açores jusqu’au golf à 36 trous de Gascogne, elle n’a pas dit son dernier mot. Elle pourrait se faufiler entre tes safrans et ta quille sans même que tu t’en aperçoives et t’acueillir à l’arrivée avec un pot de Nutella.

Que vois-je en dernière position…? Sedlacek (11e) filant à 12 noeuds au nord-est des Malouines ! Grisé de vitesse, il pourrait se retrouver de nouveau en bonne compagnie avec Dinelli (10e) et… Wilson aussi, pourquoi pas ? Dans l’Atlantique sud, on ne sait jamais le sort que nous réserve le vent, encore moins à la remontée.

Chers lecteurs, c’est autour de l’anticyclone des Açores que se jouent les options savantes et les coups de chance. Cinq coureurs sur 11, Boissières compris, vont jouer au plus fin. Numéro de cirque à ne pas manquer, sérieusement !

Au pointage de minuit, Davies (4e) avait 1.475 nautiques à parcourir tandis que Guillemot (3e) en avait 1.367, soit une différence d’à peine plus de 100 nautiques. On sait que Guillemot est rapide, mais en passant les Açores dès samedi, Davies, je le répète, a encore toutes les chances d’entrer dans le golf de Gascogne en même temps que Guillemot. La carte des vents de confirme. Outre ses talents de skipper de course au large et un bateau en bon état qu’elle n’a pas poussé trop fort, elle possède aussi une potion magique : le Nutella. D’ici le cap Finistère, Guillemot aura une mer et des vents un peu plus durs. Je soupconne Safran d’être un peu plus fatigué que Roxy. En théorie, Roxy pourrait rogner 100 nautiques sur Safran d’ici le cap Finistère, soit une distance de 1.020 nautiques environ. Vas-y, Sam ! Écrase le champignon.

Situation comparable pour Cafarri et Thompson. Deux duels à 400 nautiques l’un de l’autre. Cafarri a effectuée une très belle remontée sur Thompson dernièrement. Qui sait si à la prochaine édition du Vendée Globe, les voiles trouées ne constitueront pas la dernière innovation technique pour faire propulser ces Open 60 encore plus vite ? Brevet d’invention à Caffari.

White (8e) va s’extraire assez rapidement du pot-au-noir. A voir au pointage de 6 h.