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Nous en sommes au 104ème jour de course.

Boissières (7e), au pointage de 6 h ce matin, était à 100 nautiques des Sables. La carte des vents indique des vents faibles dans 24 h à l’approche des Sables, quoique les vents le long de la côte pourraient s’avérer plus consistants. S’il est vrai, selon l’ETA non encore révisée de Boissières qu’il arrivera demain en début d’après-midi, c’est qu’il compte sur des vents vraiment faiblards. Autrement dit, il ne veut pas donner de faux espoirs à quiconque d’une arrivée en début de matinée.

Pourtant, il y a tout lieu de croire, au pointage de 6 h, qu’il arrivera tôt dimanche ou à tout le moins en début de matinée, sauf contrariété.

White (8e) était à quelque 700 nautiques de l’arrivée à la hauteur du cap Finistère, faisant route au sud-est. Le cap semble bon, compte tenu des vents prévus aux dernières nouvelles, car il pourra se rapprocher de la péninsule Ibérique par bon vent, pour ensuite mettre le cap au nord-est tout en conservant du bon vent, en faisant toujours du près néanmoins. Pour peu que la mer soit relativement calme, il tiendra une bonne moyenne.

Wilson (9e) suit une trajectoire constante en direction nord-nord-ouest, chose normale dans les Alizés d’est-nord-est, surtout pour rendre la marche plus confortable en évitant de taper dans la vague. Il lui faudra bientôt décider de la façon de négocier les vents contraires prévus dans son étrave. Si les prévisions de vents tiennent, il aura avantage à mettre le cap carrément à l’est pour éviter un détour inutilement long par l’ouest. De toutes façons l’anticyclone lui barre la route dans la direction actuelle.

Dinelli (10e) est à 50 nautiques du pot-au-noir et le passage de cette zone habituellement difficile pourrait être une partie de plaisir pour lui. Il mérite bien ce coup de pouce de Neptune après une remontée longue et difficile de l’Atlantique sud. Dans quelques heures, il pourra même remonter plus au nord tout en conservant une bonne vitesse.

Rien ne change selon les prévisions pour Sedlacek (11e) depuis hier : il devrait bénéficier de vents fort avantageux pour se pointer à l’équateur sans trainer.

Dans deux à trois jours, il ne restera plus de concurrents du Vendée Globe dans l’Atlantique sud.

A noter toutefois que le Canadien Derek Hatfield qui a réparé ses avaries à Hobbart, se prépare à rentrer à la voile en France. On ne sait pas encore si sa destination est les Sables d’Olonne ou non. Dommage qu’il soit techniquement hors-course. Ce gars-là a néanmoins du mérite ! Cela dit, il a intérêt à passer le cap Horn avant la venue de l’hiver dans l’hémisphère sud.

Au pointage de 15 h, Boissières n’était plus qu’à une quarantaine de miles de la ligne d’arrivée. Je veux bien croire que les vents sont faibles dans son secteur et qu’il ne marche pour l’instant qu’à du 4 noeuds. Mais à ce train-là, il devrait franchir la ligne d’arrivée vers huit heures du matin dimanche, à moins qu’il n’ait à louvoyer, chose improbable selon la carte des vents. Enfin, on ne sait jamais, surtout lorsqu’on observe la scène à des milliers de miles des Sables d’Olonne.

White a mis le cap au nord-est plus tôt que je n’aurais cru. Il doit avoir de bonnes raisons d’avoir pris cette décision. Il navigue à 9 noeuds. Pas mal du tout !

Dinelli tire la langue au pot-au-noir : il est en train de le traverser à du 9 noeuds et a franchi l’équateur.

Les prévisions météo juste au sud du pot-au-noir demeurent favorables pour Sedlacek. Pourvu qu’elles soient exactes.

Au pointage de minuit, Boissières a fait demi-tour vers l’ouest, toujours à 4 noeuds de moyenne. Faut croire que son impressario lui a recommandé de ne pas arriver trop tôt dimanche matin afin d’avoir un effet de relations publiques maximum sur la foule amassée aux sables d’Olonne pour l’accueillir en grande pompe. Ou alors, c’est une question de marée pour remonter le chenal du port, conjuguée à une envie irrésistible, sait-on jamais, de passer encore quelques heures seul en mer.

Pour les amoureux de la mer, le retour à la civilisation et au brouhaha de la vie sur la terre ferme nécessite souvent toute une adaptation.