Sélectionner une page

A la tête de la course on trouve, au pointage de 15 h, Davies (3e) à 400 nautiques (à vol de Pétrel) des Sables d’Olonne, ensuite Guillemot (4e), Thompson (5e) et Cafarri (6e). Joli tableau ! Thompson et Cafarrri ont tellement cavalé ces derniers temps qu’on n’oserait plus parler de deux duels de deux mais d’un seul duel à quatre. C’est que, voyez-vous, la météo est plutôt complexe. Davies risque sous peu de devoir tirer des bords de près vers la ligne d’arrivée pendant que ses poursuivants la rattrape. Le reste n’est que pure conjecture.

Guillemot fait un travail incroyable lorsqu’on sait qu’il est déquillé et à court de carburant pour les servitudes électriques de Safran, notamment la pompe à eau servant à équilibrer les ballasts d’eau, sans compter le reste.

Davies, malgré son penchant pour le Nutella, n’a qu’une seule envie, Saint-Valentin ou non : croquer un fruit frais (comme bien d’autres skippers derrière elle d’ailleurs). Je lui souhaite de croquer surtout le plaisir d’être la troisième à franchir la ligne d’arrivée en temps réel.

Cafarri est à court de grand-voile. Sa GV s’effiloche au fil des miles. Tiendra-t-y, tiendra-t-y pas ?

Plus au sud, Boissières (7e) est toujours dans la poisse de vents bizantins (J’aurais bien voulu utiliser un adjectif plus fort).

White (8e) profite d’alizés stables et marche à 12 noeuds de moyenne ou presque.

Au sud de l’équateur (qui coupe le fil en deux mais sans rien égaliser), Wilson (9e) a intérêt à profiter du bon vent pour faire du nord.

Ceux qui ferment la marche, Dinelli (10e) et Sedlacek (11e) ont connu des conditions difficiles dernièrement, mais bientôt l’occasion de s’extraire de cette partie tourmentée de l’Atlantique sud va s’ouvrir à eux. Puissent-ils en profiter.

Rendez-vous, je l’espère, au pointage de minuit pour voir comment tout ce joli monde se débrouille dans l’Atlantique.

Au pointage de minuit, Davies (3e) filait à 13 noeuds sous spi. Dans quelques heures, elle aura à composer avec des vents légers du nord-est, de 7 à 11 noeuds. Il lui reste environ 250 nautiques à franchir, normalement l’affaire d’une journée. Si la direction des vents lui permet de garder son spi asymétrique, surtout en ‘descendant’ légèrement de la latitude de Lorient vers les Sables, elle a de bonnes chances d’arriver tôt samedi matin. Guillemot (4e) avance bien lentement à du 6 noeuds. J’espère que son moral est bon. On sait qu’il doit ménager l’électricité du bord et ne peut bavarder à la radio trop souvent ni envoyer des courriels. Il a vraiment beaucoup de mérite à naviguer inlassablement vers la ligne d’arriver au vu des avaries qui l’affligent.

Le groupe de tête, formé de Davies, Guillemot, Thompson et Cafarri, ressemble sur la carte à une famille de petits canards qui se suivent en formation de plus en plus serrée, surtout avec Tompson et Cafarri qui n’ont pas fini de réduire l’écart avec les deux premiers.

A bien observer le comportement de Safran et d’Aviva, c’est à se demander si ces deux Open 60 marchent par la seule volonté de leur skipper respectif. Le premier n’a plus de quille et le deuxième a une voile en passoire.

Après 94 jours de course, il y a lieu de se demander si les concurrents à plus de deux ou trois jours de la ligne d’arrivée ont les provisions nécessaires pour boucler ce tour du monde sans trop de privations. On sent la clameur monter: « Des fruits frais ! »

Pour terminer sur une note plus gaie, j’ai toujours bon espoir de voir Davies franchir la ligne d’arrivée avec son magnifique spi décorant le littoral français à des kilomètres à la ronde.

Kilomètres… Ben quoi ? On est de retour sur la terre ferme.