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Ironie du sort : les installations du personnel du Vendée Globe aux Sables d’Olonne ont été endommagées par la tempête qui a sévi hier soir sur la France. Ceux-là mêmes qui veillaient à la sécurité en mer et au bon accueil des skippers de la célèbre course au large ont subi de multiples ‘avaries’ sur la terre ferme. Heureusement, aucun des skippers de tête de la course n’était près de la côte lorsque la tempête s’est déchaînée. Pour un marin, en cas de tempête portant vers la côte, mieux vaut être au port ou en haute mer que près de la côte.

Au pointage de 15 h, le duel Davies (3e) et Guillemot (4e) se poursuit. Guillemot, sans quille mais réservoirs de ballast bien remplis, fait route à 10 nœuds environ en passant plus au nord de la zone de calmes qui bientôt coupera la ligne directe vers les Sables. Davies a pris le pari, semble-t-il, de couper plus court, donc en faisant un détour moins prononcé que Guillemot, dans l’espoir raisonnable de devancer la zone de calmes. Elle bénéficiera vraisemblablement de vents plus faibles tout en suivant une trajectoire plus courte. Or, elle a déjà 90 nautiques de moins à parcourir que Guillemot jusqu’à la ligne d’arrivée. C’est dire que les deux tactiques sont plausibles. J’ai cru comprendre que, Davies a bien l’intention d’envoyer tout son arsenal de voiles de petit temps. Il n’est pas sûr qu’elle puisse se servir de son spi asymétrique dont elle est si fière et qui ferait sensation à son arrivée aux Sables. Tout dépend de la direction du vent. Quoiqu’il arrive, si Safran tient bon, sans autre avarie, Davies ne réussira pas à effacer les 50 heures de redressement de Guillemot en arrivant aux Sables avant lui. Leur duel n’en demeure pas moins captivant.

L’autre duel fort intéressant aussi, oppose Thompson à Cafarri qui remontent pour l’instant à fond de train sur les deux prédécesseurs. Malheureusement, si les prévisions météo sont exactes, un long détour par le nord s’impose dans leur cas, quoique, en quatre jours, la météo entre leur position actuelle à l’ouest des Açores et le golf de Gascogne peut encore changer radicalement.

Pour Boissières (7e), les prochaines 36 heures risquent d’être décevantes. Les vents dans sa zone seront légers et variables. Difficile de voir sur la carte des vents comment y échapper à partir de sa position actuelle. White (8e), tout juste au nord du 10ème parallèle, a touché des alizés du nord-est faiblards. Il remonte toutefois l’Atlantique nord à une moyenne respectable de 10 nœuds.

Les trois sudistes, Wilson (9e), Dinelli (10e) et Sedlacek (11e) font leur bonhomme de chemin vers l’équateur à plusieurs jours encore de leur étrave. Les deux derniers ont peut-être de quoi s’inquiéter en raison de forts vents contraires prévus dans leur zone dans moins de deux jours. Non que leur sécurité soit compromise, mais ils risquent d’être fortement retardés et de se faire secouer. Enfin, d’autres ont goûté avant eux aux contrariétés de la météo dans l’Atlantique sud.