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Du pointage de 15 h hier jusqu’au pointage de 11 h aujourd’hui, on se demande où se trament les vrais duels : entre concurrents du Vendée Globe ou entre les zones de haute pression et de basse pression dans l’Atlantique ?

En effet, du golf de Gascogne jusqu’à l’Atlantique sud, la météo s’en donne a cœur joie avec les skippers du Vendée Globe. Les uns peinent dans du vent faible et inconstant, d’autres affrontent des coups de tabac, le tout dans une séquence pratiquement imprévisible. Une belle pagaille météo et une épreuve de patience et d’endurance pour les concurrents du Vendée Globe. La seule différence, c’est que la météo, elle, ne se fatigue pas ni ne s’use. Les skippers, eux, ont la crève (mais bon moral pour la plupart) et leur matériel s’use encore plus vite.

Et voilà qu’en plus, une violente tempête s’annonce aujourd’hui sur les Sables d’Olonne forçant le PC de la course à se mettre à l’abri et à fermer ses installations. A terre comme en mer, on fait dos rond.

Nouvelle encourageante néanmoins : Guillemot (3e) a remis le cap sur la ligne d’arrivée et progresse à 10 noeuds malgré ses problèmes de quille, de rail de GV, etc.

Sam Davies fonce à du 16 noeuds à égale distance ou presque de la ligne d’arrivée. Le seul obstacle prévisible pour elle à négocier est une zone de vent faible dans son étrave. Il lui faudra peut-être faire un peu de nord pour l’éviter. Toutefois, les conditions météo changent tellement vite, dirait-on, qu’on n’ose plus faire de suppositions.

Thompson et Cafarri, au sud-ouest des Açores, ont tous deux mis le cap au nord-ouest. Jeu de devinette ou coup de dés, espérons que la nouvelle stratégie leur soit profitable.

Dinelli, tout au sud, a essuyé un de ces coups de vent ! Il se demande encore comment son bateau a pu résister à tant de chocs aussi violents. Ça tapait dur.

Finalement, ces Open 60 sont moins fragiles que je le pensais. Ils sont conçus pour encaisser de sacrés coups. Mais pourquoi Jourdain a-t-il eu tant d’ennuis de structure après sa collision avec un cétacé ? Et Guillemot maintenant dont la quille montre aussi des signes de faiblesse. Je peux comprendre que ce qui n’est pas élément de structure, comme les barres de flèche, les safrans, les anémomètres, les dômes radar, etc. puisse partir au vent ou à la vague, mais les éléments de structure, eux, devraient être blindés, n’en déplaise aux chasseurs de poids.

Au pointage de 15 h, Guillemot avait déquillé. Il navigue avec ballasts d’eau mais n’est pas sorti de la course. Il se demande seulement comment affronter la grosse mer dans le golf de Gascogne. Allons, allons…, la chance sourit aux audacieux, ça va s’arranger. Mais, Marco, tu sais que tu seras 3ème avec tes heures de redressement. Vas-y prudemment et si Sam Davies te dépasse ou arrive en même temps que toi ou presque, cela fera d’autant plus de joyeux fêtards sur terre, sans que tu n’y perdes une plume.

Le béquillage fait partie de mes meilleurs souvenirs de voile en Bretagne. Par contre, le déquillage, je n’ai jamais essayé. Tiens bon, Marco !

Sam Davies semble résolue à ralentir dans une zone de calmes prévue dans son étrave d’ici l’arrivée aux Sables, comme si c’était inévitable du fait qu’elle est légèrement plus au sud de Guillemot. Pourquoi n’envisage-t-elle pas un léger détour par le nord, comme je l’ai indiqué plus tôt aujourd’hui? Mystère et boule de gomme.

Thompson et Cafarri montent au nord. C’est bien, selon la carte des vents. L’autre duel à surveiller. Cafarri avec sa GV, en plus, dont il ne reste plus que des fibres…? Elle a la fibre de la course au large en elle. Elle s’en tirera avec panache.