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Au pointage de 11 h aujourd’hui, l’écart entre la distance au but de Guillemot (3e) et celle de Davies (4e) est pratiquement le même. Safran marche très bien à près de 17 noeuds de moyenne. Toutefois, Roxy le talonne à du 15 noeuds et, à mon avis, dans une mer plus maniable.

Problème éventuel pour Guillemot : dans une douzaine d’heures, il sera bâbord amures toujours en direction des Sables car les vents vont tourner. Or, on sait qu’une bastaque bâbord de Safran a lâché il y a quelques jours. A-t-il réparé ou va-t-il devoir lever le pied pour soulager son gréement…? Le bolide Guillemot a donc peut-être un talon d’Achilles. Quant à Roxy, je crois que Davies l’a si bien dorloté que le bateau est fin prêt pour le sprint final, et son skipper aussi.

Bon, Guillemot dispose d’heures de redressement qui garantissent déjà sa troisième place à la ligne d’arrivée. Mais, peu importe, je me réjouirais de voir Davies arriver physiquement aux Sables en même temps que Guillemot, voire avec une légère avance. Joli duel, quoi !

Quant au duel Cafarri/Thompson, la donne change encore à cause de la ronde des vents. Selon la carte des vents actuels et prévus, Cafarri aurait intérêt à aller rejoindre la trajectoire de Guillemot là où elle s’incurve vers l’est, c’est-à-dire en mettant cap au nord-ouest dans les prochaines heures. Une fois la zone de calmes derrière elle, elle pourra faire de l’est-nord-est avec un bon vent portant. Un détour certainement, mais cela lui vaudra de bons dividendes dans les 24 à 36 heures à venir.

Six concurrents dans l’Atlantique nord et trois dans l’Atlantique sud. Wilson, en tête dans l’Atlantique sud, en a encore pour un bout de temps avant d’atteindre la zone équatoriale. Il est à la hauteur de Rio. C’est dire que l’écart entre les nord-atlantistes et les sud-atlantistes va se creuser davantage.

Au pointage de 15, le site du Vendée Globe signale que Guillemot est obligé de lever le pied dans une mer difficile et par vent fort. Le même site indique, comme je l’ai supposé ce matin, que Davies bénéficie de conditions météo plus clémentes, notamment une mer plus calme. Comme Brit’Air de Le CLéac’h, Safran de Guillemot montre des signes de fatigue matérielle à l’approche du golf de Gascogne. Toutefois, ce n’est pas de la bastaque bâbord dont il s’agit, mais du rail de GV en haut du mât; un problème qui hante Guillemot depuis l’océan Indien et pour lequel il a déjà dû s’arrêter sous le vent de l’île Auckland et ensuite des Malouines. Sa vitesse est passée de 16 à 14 noeuds, cap au nord. Je ne vois pas pour l’instant en quoi lui profite ce changement de cap.

Sam, elle, a coupé en plein milieu de l’archipel des Açores et a profité d’une mer plus calme pour redistribuer le poids du matériel sur Roxy en vue de favoriser des surfs prolongés et à répétition. Admettons qu’elle parvienne à parcourir 350 nautiques au cours des prochaines 24 heures, elle aura réussi à franchir près de la moitié de la distance qui la sépare du cap Finistère et, par le fait même à échapper à la zone de calmes centrée, dans un jour et demi, sur les Açores. Par la suite, ni elle ni Guillemot ne devraient manquer de vent jusqu’à l’arrivée aux Sables d’Olonne dans quatre jours environ.

Tant d’imprévus, agréables ou non, peuvent se produire en quatre jours dans cette région de l’Atlantique nord et à ce temps-ci de l’année.

Pour Thompson et Cafarri, le retour progressif sur les Açores du centre anticyclonique est malencontreux. Dans l’immédiat, il n’est pas évident pour eux de choisir le parcours gagnant autour de cet obstacle météo.

Manque de bol aussi pour Boissières qui vient de passer le 20ème parallèle nord dans des Alizés d’est mollassons et du vent faible et instable dans son étrave pour les deux jours à venir.