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Jourdain décide d’abandonner la course aux Açores. La météo dans son étrave, cette même météo que Le Cléac’h est en train d’affronter au nord-est des Açores aurait été au-dessus des possibilités de Veolia naviguant sans quille et stabilisé à l’aide seule des réservoirs de ballast. Difficile pour Jourdain d’en venir à cela, si près du but. La vie sur Veolia ses derniers jours était beaucoup moins rose qu’il ne le laissait entendre à la vacation quotidienne ou autrement. A chaque grosse vague qui arivait sur lui tandis qu’il remontait tant bien que mal vers les Açores, il se demandait si celle-là le ferait chavirer. Moments de navigation très tendus pour lui. Après son arrivée aux Açores, un plongeur a confirmé qu’il ne restait absolument rien de sa quille.

Davies (3e) ménage son bateau dans les alizés de l’Atanlique nord. Il semble qu’elle s’apprête à contourner l’anticyclone par l’est. Trajet plus court pour elle mais vitesse moins élevée que celle de Guillomot (4e) qui a dépassé la latitude de Davies à 300 nautiques à l’ouest de celle-ci. On verra laquelle des deux tactiques, celle de Davies ou celle de Guillemot, est la plus rentable dans les conditions météo à venir dans leur nord.

Coup de vent désagréable au nord-est des Açores, dans la zone même que traverse Le Cléac’h (2e) en direction du golf de Gascogne. Les 24 prochaines heures seront difficiles pour lui. Vent et mer vont solliciter toutes ses qualités de marin à moins de 800 nautiques de l’arrivée aux Sables.

Boissières (6e) a franchi le pot-au-noir et l’équateur. Sur les dix skippers toujours en course, ils sont quatre dans l’Atlantique sud avec Sedlacek (10e) qui aura tôt fait de passer le Horn, si ce n’est déjà fait.

La GV de Cafarri (5e) tient le coup à en juger selon sa moyenne de 12 noeuds dans les alizés du nord-est à la hauteur du 10ème parallèle.

Tout semble bien aller hormis les quelques problèmes techniques et la météo instable accompagnée de grains violents, comme dans le cas de Wilson (8e) au nord-est du Rio del Plata.

A surveiller donc, surtout au cours des prochaines 24 heures, la situation de Le Cléac’h qui s’annonce particulièrement dure dans l’Atlantique nord. On peut en bonne partie se rassurer sur son sort à l’idée qu’il n’en est pas à son premier défi du genre.

Mise à jour : Je ne sais pas ce que Guillemot mijote comme tactique sur Safran à 300 nautiques à l’ouest de Davies. Mes quelques connaissances de la météo me disent que Davies a fait le meilleur choix en remontant l’Atlantique nord plus à l’est. En effet, si l’anticyclone des Açores se maintient à l’ouest pendant le passage de Davies, celle-ci pourra continuer de suivre une route encore plus directe en obliquant bientôt plus à l’est, et avec de meilleurs vents au portant jusqu’au golf de Gascogne. Elle prévoit arriver aux Sables autour du 11 février. Au niveau météo, tout peu changer d’ici-là. Mais c’est justement le pari insensé et gagnant qu’avait fait “UBS Switzerland” en 1986, en se fondant sur des prévisions à long terme pour trouver le moyen le plus rapide de rallier Portsmouth à partir, grosso modo, de la position actuelle de Davies. Voyons voir…

Le site anglais du Vendée Globe signale que Wilson a de sérieux ennuis d’autopilote. S’il n’arrive pas à le réparer, il ne pourra pas terminer la course, dit-on. Peut-être suis naïf, mais pourquoi ne barre-t-il pas à la main, quitte à se mettre à la cape pour dormir. Bon, cela le ralentira pas mal, mais au moins il arrivera aux Sables d’Olonne. Il est vrai que les skippers du Vendée Globe ont besoin de l’autopilote non seulement pour dormir, manger, changer les voiles, prendre des ris, etc. Toutefois, sur un voilier qui possède une stabilité de route satisfaisante, il y a toujours moyen de fixer la barre ou le gouvernail avec un cordage ou un frein. Malheureusement, je ne sais pas si les Open 60 ont une bonne stabilité de route inhérente.

Les problèmes de Great American III me font penser à ceux de Derek Hatfield, le Canadien, qui a abandonné à Hobbart en Tasmanie à cause de barres de flèches cassées. Avant le dernier knock-down qui a affaibli la rigidité de son mât, il naviguait avec des problèmes d’autopilote lui aussi, mais moindres sans doute que ceux de Wilson.