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Hélas, c’est officiel : Jourdain déclare forfait à son arrivée aujourd’hui aux Açores. Décision prudente, car, il ne s’agit pas seulement de protéger le skipper mais le bateau aussi. On a beau avoir des secours assez rapides en cas d’accident ou d’incident grave : un Open 60 de la qualité de celui de Jourdain n’est pas jetable comme un vieux mouchoir. Skipper et bateau sont appelés à se présenter à la ligne de départ de plusieurs autres courses à venir. Et puis, Jourdain n’a rien à prouver, surtout pas au risque de sa vie. On sait qu’il compte parmi les meilleurs skippers de la course au large. Sa décision d’abandonner aux Açores écorche à peine sa réputation de skipper émérite d’entre tous.

Le Cléac’h passe donc en 2e position au classement, suivi de Davies (3e) et ainsi de suite, selon le reclassement général des 19 concurrents en lice sur 30 au départ. Déperdition normale pour ce genre de course, selon le grand vainqueur Desjoyeaux.

Le bolide Guillemot (4e) tient les 15 nœuds de moyenne mais, au pointage de 15 h, il n’avait pas encore raflé la troisième place à Davies. Cette dernière, à l’est de Guillemot, suit un parcours plus court mais plus lent aussi en raison des vents. Cafarri (6e) commence à faire de la vitesse à deux chiffres. Enfin et tant mieux pour elle, elle est repartie ! Le pot-au-noir, elle y aura gouté longtemps, c’est le moins qu’on puisse dire.

Boissières (7e) entre dans le pot-au noir. D’après la carte des vents, il aura tôt fait de le traverser et de passer dans l’hémisphère nord. Ça doit commencer à sentir l’arrivée pour lui aussi après sa longue et pénible remontée de l’Atlantique sud. Au moins, il peut se consoler d’avoir gagné du terrain sur Cafarri. Le malheur des uns fait le bonheur des autres, du moins en théorie. Entre skippers du Vendée Globe, l’équation n’est pas aussi simpliste, camaraderie oblige.

Dinelli (10e) a passé le Horn comme une fleur. Sadleck (11e), toujours dans le Pacifique sud devra faire preuve de patience jusqu’à ce que des vents bienveillants viennent le cueillir au passage pour lui faire rejoindre Dinelli dans l’Atlantique sud. Le Pacifique sud se fermera alors sur cette édition du Vendée Globe. Adieu Pacifique immense et majestueux, adieu longue houle, adieu albatros… A dans quatre ans d’ici.