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Séquelle probable de la collision avec un cétacé dans l’Atlantique sud, Jourdain (2e) a signalé une grave avarie au début du 81ème jour. Lui et son équipe croient que le bulbe de lest s’est détaché de la quille de Veolia qui n’arrive plus à tenir toute sa toile. Le bateau est plus ou moins stabilisé à l’aide des réservoirs de ballast et navigue sous voilure réduite vers les Açores pour plus de sécurité. De là, le skipper et son équipe de soutien décideront si Veolia peut poursuivre la course jusqu’aux Sables sans risque de chavirer. Il semble impossible à Jourdain de procéder, avant les Açores, à une inspection sous-marine de son bateau pour confirmer la cause exacte du manque de stabilité.

D’autres concurrents éprouvent de menus problèmes techniques aussi, doublés dans certains cas d’une baisse inquiétante des provisions du bord, au regard de la distance à parcourir. Le Cléac’h pense tenir, sans se mettre au régime, jusqu’au 4 février. La météo annonce des vents contraires dans son étrave. S’il est retardé en route, il devra se serrer la ceinture.

D’autres dans son sillage font également attention à leur consommation alimentaire. N’oublions pas que le parcours de ce Vendée Globe a été allongé par le repositionnement au nord de la porte du Pacifique est pour éviter les glaces. C’est dire à quel point le calcul des provisions embarquées sur les Open 60 est précis pour réduire le poids. Chasse au poids, moins de petits pois ! Voir la Chronique médicale du Magazine du Vendée Globe sur l’apport journalier en calories pour faire ‘marcher’ un skipper.

Davies (4e) a passé l’équateur dans l’après-midi et devrait passer le pot-au-noir sans trop de difficultés selon la carte des vents.

Au pointage de 15 h, Guillemot (5e) manquait de vent à l’approche de l’équateur alors qu’il était à 100 nautique à peine de Davies.

Thompson (6e) remonte sur Guillemot à travers une série de grains typiques de cette région de l’Atlantique sud. Il est suivi de Cafarri (7e) à 150 nautiques environ dans son sillage.

Desjoyeaux (1er) est à mi-chemin entre les Açores et le cap Finistère, progressant à 16 nœuds vers la ligne d’arrivée. Il espère bien traverser le golf de Gascogne très prochainement afin d’éviter des vents contraires prévus dans golf. La nuit précédente a été difficile pour lui en raison d’une mer et de vents difficiles. Croyez-le ou non, il en a marre de tirer des bords, moi qui pensais tout bonnement qu’il y prenait plaisir. Il se pointera très bientôt bon premier aux Sables, si tout va bien, mais vraiment fatigué. Quoi d’étonnant à cela ? Au train où il va, il marche sans doute sur ses réserves d’énergie.

Bientôt, il n’y aura plus que quatre skippers dans l’Atlantique sud. Demain, Dinelli (11e) et Sedlacek (12e) seront à mi-chemin entre la porte du Pacifique est et le Horn. Trois à quatre jours après, l’Atlantique sud les acceuillera aussi à bras ouverts.

Mise à jour : Au pointage de minuit en ce que 81ème jour de course, Guillemot a franchi l’équateur et se prépare à traverser le pot-au-noir dans des conditions favorables au premier coup d’oeil. Il cavale à du 12 noeuds à 85 nautiques de Davies qui, elle, traverse le pot-au-noir à du 11 noeuds. Pas mal du tout comme vitesse pour ces deux concurrents qui passent par une zone redoutée pour les calmes qui y règnent trop souvent, sans compter la chaleur et l’humidité inconfortables. Heureusement que les deux sont sur autopilote car, avec le champagne qu’ils ont ingurgité au passage de l’équateur quelques heures plut tôt, on se serait attendu à voir des trajectoires assez sinueuses. Thompson et Cafarri seront les prochains à passer demain dans l’Atlantique nord, suivis deux à trois jours plus tard de Boissières maintenant résolu à se tenir à l’écart de la côte brésilienne.