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Au pointage de 11 h, Desjoyeaux (1er) faisait de l’est à 15 nœuds. Pour éviter les vents faibles au centre de l’anticyclone des Açores, il a dû se placer plus au nord de 100 nautiques environ. Autrement dit, le virage vers l’est amorcé hier pour contourner la zone de vents faibles était légèrement prématuré et il a rapidement corrigé la situation. D’après la carte des vents, il ne devrait pas manquer de zef jusqu’à l’arrivée.

Pour Jourdain, à 540 nautiques du 1er, la situation est moins claire. Il va se buter bientôt à une zone de vents faibles barrant sa route d’ouest en est. Sa vitesse s’en ressent déjà. Si, au moment d’écrire ces lignes, il a réussi à franchir la zone de calmes, il est peinard. Dans le cas contraire, il risque de se traîner à faible vitesse durant les prochaines 24 h. Il a incurvé son parcours au cap 24 pour des raisons qui m’échappent.

Le Cléac’h (3e) marche bien à du 14 nœuds dans les alizés d’est, en suivant un parcours légèrement plus à l’est que ses devanciers. Il s’affaire déjà à fignoler sa tactique pour passer l’anticyclone des Açores avec un minimum de perte de vitesse, comme il l’a fait pour la traversée du pot-au-noir. S’il y réussit, c’est que son sens de la météo est vraiment bon et sa performance, notamment à l’équateur, n’est pas le seul fruit du hasard.

Rien de particulier à signaler au sujet des sud-atlantistes, dont Wilson (10e) fait partie maintenant. Je croyais qu’il allait embouquer hier le détroit de Le Maire mais on voit, d’après son tracé, qu’il a changé de décision à la dernière minute. Sans doute la mer n’était-elle pas de tout confort dans le détroit. White (9e) est englué dans une zone de calmes et je ne sais par quel côté il s’en tirera. Souhaitons-lui bonne chance, car les options ne sont pas évidentes.

Guillemot (5e) avec une bastaque en moins, régate avec Davies (4e) qui a repris sa place devant lui. Le passage du pot-au-noir s’annonce plutôt bien pour eux selon la carte des vents.

Dinelli (11e) et Sedlacek (12e) – Bon annif, Norbert! – sont de nouveau en convoi, en route vers le Horn.

Mise à jour : Au pointage de 15 h, rien d’extraordinaire à signaler. Le classement ne change pas. On savait déjà que Davies avait repris sa place de 4e sur Guillemot. Peu de détails sur la réparation effectuée par Sedlacek sur son rail de GV, sauf quelques photos du chariot endommagé affichées sur le site du Vendée Globe.

Boissières (8e) a fait le même pari que Guillemot et longe à raser la côte brésilienne en quête de vents plus consistants. Il peine à moins de 10 noeuds dans une zone de vents instables, ce qui forme les amateurs de voile mais use la patience des skippers de son calibre. Guillemot est passé par là, s’est pris dans des filets de pêche, a manqué de sommeil et se retrouve maintenant aux côtés de Davies. Remarquons toutefois que Boissières se tient à une distance plus respectable de la côte que Guillemot.

Un petit mot sur la philosophie de Desjoyeaux dans l’Atlantique sud et ensuite nord… Je ne veux pas mêler le personnage de Mafalda à ce Vendée Globe plus qu’elle ne l’a déjà été auparavant. Je me demande simplement ceci : se pourrait-il que Desjoyeaux ait compris que, sur le chemin du retour, on ‘descend’ l’Atlantique sud et nord jusqu’à la ligne d’arrivée ? On ne ‘remonte’ pas l’Atlantique. Ben oui, le pôle sud est en haut et le pôle nord en bas. Pour un skipper averti du Vendée Globe, cela veut tout simplement dire qu’on glisse jusqu’à la ligne d’arrivée aux Sables d’Olonne et on configure son Open 60 en conséquence. Frein à main lâché, mise en roue libre, on dévale la pente jusqu’à la fin. Pourquoi lutter contre les éléments?