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premier, avec 120 miles d’avance sur Jourdain. Noblesse oblige ou simple question d’efficacité, Desjoyeaux a piqué droit sur le Horn à le raser, comme pour le saluer au passage, avant d’obliquer nettement sa route plus au sud pour s’en éloigner.

Jourdain, quant à lui, n’avait pas de stratégie bien différente de celle du premier en se positionnant pour passer le Horn, contrairement mes suppositions antérieures. De fait, dans sa descente vers le sud, il a mis le cap sur le Horn non loin de l’endroit où Desjoyeaux avait mis le cap à l’est. Reste à voir s’il passera le Horn avant la fin de la 56ème journée de course.

L’entrée dans l’Atlantique pour Desjoyeaux ne se fera vraisemblablement pas en trombe, puisque le vent devrait refuser et mollir aux abords du détroit de Le Maire. Il est possible qu’avec un bon vent pour Jourdain jusqu’au Horn, l’écart entre le duo diminue de quelques miles, le temps pour Desjoyeaux de s’extirper des vents mous qui l’attendent à la pointe sud-est de l’Argentine. N’oublions pas néanmoins que, dans le petit temps, Desjoyeaux peut se montrer performant. De plus, on appris hier qu’il a soigneusement ménagé sa grand-voile dans les grosses dépressions des mers du sud en vue d’en tirer toute la puissance lors de la remontée de l’Atlantique.

Trinquons à sa sagacité !