Sélectionner une page

Desjoyeaux passe à frôler le cap sud-est de l’Argentine et se traîne à du 9 noeuds. Jourdain l’a rattrapé et le cogne au tableau arrière, quoique… il va y goûter, lui aussi, à la dévente s’il suit le parcours de Desjoyeaux.

Au moment où je m’apprêtais à faire des déclarations fracassantes du genre: « L’océan indien et le Pacifique sud sont une épreuve d’endurance. La remontée de l’Atlantique est un jeu de finesse », Loïck Peyron me remet à ma place sans le savoir, en déclarant en entrevue aujourd’hui : « Même si la messe n’est pas dite, jusqu’à l’équateur, il reste encore un peu de suspense, après, en général, les garçons (sic) savent bien contrôler les choses. Ça va être intéressant. »

Effectivement, c’est déjà intéressant, à commencer par la décision de Desjoyeaux (1er) de raser la côte sud-est de l’Argentine où il peine à 9 noeuds de moyenne. Jourdain (2e), lui, poursuit sa lancée pour se placer à 52 nautiques de Desjoyeaux. C’est du suspens à se sucer les pinces, non ? Je parie que ces deux-là nous réservent encore des surprises au nord de l’équateur.

On n’avait pas vu en vidéo la frimousse de Desjoyeaux et de Jourdain après la traversée du Pacifique sud, la descente vers le Horn et le passage du Horn. Ils sont frais comme des fleurs. Médecins de la course : à vous la parole. Je n’y pige rien. Je croyais les voir épuisés, en manque de sommeil, les yeux cernés… Ben non ! Jourdain déborde de bonne humeur en passant le Horn.

Le Cam (3e) suivi du “duo”, pardonnez-moi le terme réductionniste, Riou et le Cléac’h, arrive également à la latitude du Horn. Davies (6e) franchit la porte du Pacifique est et amorce sa descente vers le Horn.

Guillemot éprouve encore de sérieux ennuis de rail de grand-voile. Le voilà l’albatros qui lui pend au cou, le pauvre. Ce n’est pas juste. Il n’a que faire de la pitié d’observateurs distants comme moi. Il nourrit toujours l’espoir de réparer et de continuer, et il faut le soutenir en ce sens.