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7.000 nautiques séparent le dernier de la course du premier. D’un bout à l’autre de cette enfilade d’Open 60, on retrouve tout un cocktail de conditions météo. Pour la plupart des 12 concurrents encore en course, la météo ne joue pas en leur faveur. Cela fait partie du jeu.

N’empêche que Desjoyeaux (1er) profite pour l’instant et dans l’avenir prévisible de conditions plutôt favorables dans l’Atlantique nord qui lui permettent de tenir une moyenne de 15 nœuds. Il lui reste 2.700 nautiques à parcourir, par la voie la plus courte, jusqu’à la ligne d’arrivée. Il y est donc attendu dans une dizaine de jours si tout va bien, même s’il doit rallonger sa route quelque peu pour contourner l’anticyclone des Açores. Au dernier pointage, il avait porté l’écart entre lui et Jourdain (2e) à près de 500 nautiques, au moment où Jourdain s’extirpe enfin du pot au noir. L’effet d’accordéon du pot au noir a rétabli l’écart entre les deux premiers à ce qu’il était avant leur traversée de cette zone de convergence intertropicale.

Souhaitons du bon vent maintenant à Jourdain afin que les deux premiers bénéficient de chances égales côté météo et puissent jouer de finesse entre eux pour le sprint vers la ligne d’arrivée.

Pour le reste de la flottille du Vendée Globe, la météo n’est pas brillante dernièrement en ce sens que le vent n’est pas au rendez-vous. Depuis quatre ou cinq jours, Cedlacek (12e) et Dinelli (11e) sont toujours dans les griffes d’un trou de vent qui semble progresser comme eux d’ouest en est. Que de patience il leur faut pour accepter ce mauvais sort de bonne grâce. Mais ils ne sont pas les seuls. Dans l’Atlantique sud, le trio Thompson (6e), Cafarri (7e) et Boissières (8e) progresse à moins de dix nœuds dans des vents légers et variables. Idem pour Guillemot (4e), le bolide en manque de vent, et Davies (5e) pratiquement à la même hauteur, dans son est.

Le Cléac’h touchera bientôt le pot au noir. Il avance toujours à 9 nœuds, d’un grain à l’autre, c’est-à-dire dans des conditions météo instables. Le pot au noir est venu à sa rencontre pour ainsi dire en étendant sa zone d’influence vers le sud. Espérons pour lui que le pot au noir ne décidera pas de se replacer progressivement plus au nord à mesure que Le Cléac’h le traverse du sud au nord. Ce serait le comble du comble.

White (9e) et Wilson (10e), sur le même parallèle mais séparés par un continent, verront passer dans leurs zones respectives des vents forts. Soit ils en profitent pour gagner quelques dizaines de milles sur leurs devanciers, soit ils jouent la carte de la prudence et font dos rond pour ne rien casser ni s’éreinter physiquement. Ces deux skippers sont du type prudent. Je crois donc que cet apport de vent supplémentaire ne changera pas leur cadence sensiblement, alors que les skippers qui les précèdent donneraient cher pour avoir du vent solide.

Mise à jour : au pointage de 15 h, Cafarri et Thompson avaient retrouvé une vitesse à deux chiffres, de même que Jourdain sur le point de toucher les Alizés constants d’est-nord-est. En plus, Cafarri a pu hisser toute sa GV grâce à ses derniers travaux de rapiéçage. Il est prête pour le petit temps avec toute la puissance disponible des ses voiles. Guillemot est encalminé le long de la côte du Brésil ce qui permet à Davies de remonter sur lui à 30 nautiques en arrière, dans son est. Le Cléac’h a dépassé la latitude de Recif à une vitesse respectable de 9 noeuds et des poussières. Pas mal du tout, compte tenu des conditions météo typiques à l’approche du pot au noir. La vitesse de Wilson dans le Pacifique sud est tombée à 7,5 noeuds, à 800 nautiques du Horn. Là, franchement, le Pacifique sud porte trop bien son nom !