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A surveiller : le bolide ‘Safran’ de Guillemot (5e) qui remonte du sud, ainsi que je l’ai indiqué il y a quelques jours après la deuxième réparation par Guillemot du rail de GV sur le mât. Il est maintenant à quelque 100 nautiques de Davies. Guillemot nourrit l’espoir non seulement de dépasser Davies (4e) mais aussi Le Cléac’h (3e). La ligne d’arrivée est encore loin au nord, ce qui justifie d’autant plus son espoir. Son expérience de la course au large remonte loin ; il a navigué entre autres avec Tabarly. De plus, son bateau ‘Safran’ mérite effectivement aux yeux des connaisseurs de passer pour un bolide des mers. A preuve, la vitesse moyenne qu’il tient malgré les deux ris permanents dans sa GV. Toutefois, vu les vents capricieux de sa position actuelle jusque dans l’hémisphère nord, tous les paris sont ouverts pour la troisième place à l’arrivée.

Davies est frustrée de ne pouvoir s’extirper de la zone de calme au voisinage du 30ème parallèle. Elle en tire parti sur une mer plutôt lisse en se gâtant de bonnes bouffes, d’une grimpette au mât pour une séance de photos et de siestes plus nombreuses que de coutume. Guillemot va la rejoindre bientôt dans la même zone de calme. Voyons s’il subira le même ralentissement exaspérant.

Jourdain (2e) a diminué son écart par rapport à Desjoyeaux (1er) de plus de 100 nautiques au pointage de 15 h. Ce dernier patauge à deux nœuds de vitesse environ dans le pot-au-noir et cherche la voie la plus rapide pour s’en sortir. D’ici-là, les deux premiers pourraient fort bien passer un bout de temps dans le même voisinage, si toutefois Jourdain continue sur sa lancée actuelle.

Comme Jourdain, Le Cléac’h (3e) peine dans des alizés d’est moins favorables qu’à l’ordinaire, de quoi renforcer l’espoir de Guillemot de lui rafler la 3e place au classement final. Bien entendu, il faut tenir compte aussi des heures de compensation accordées à Le Cléac’h, Davies et Guillemot, ce dernier ayant obtenu le nombre d’heures le plus élevé, soit 82 heures, pour assistance à Yann Eliès.

Sacrée Cafarri, avec sa GV trouée ! Elle vient de chiper la 7e place à Boissières en tenant une moyenne de 17 nœuds. Une autre qui, contre mauvaise fortune, nous réserve d’étonnantes surprises.

White (9e) est à 30 nautiques à l’ouest du Horn au pointage de 15 h, avalant les miles à 14 noeuds. Si le vent se maintient, il passera le Horn en début de soirée et fera son entrée tôt demain dans l’Atlantique sud, par le détroit de Le Maire. Ce raccourci lui permettra de gagner du terrain sur ses prédécesseurs.

Dinelli (11e) en a marre de marcher au près, par vent faible depuis la Nouvelle-Zélande, avec une forte houle, situation anormale pour cette région du Pacifique sud. Lui et Cedlacek (12e) auront franchi la porte du Pacifique ouest dans la journée. A deux, ils prennent leur mal en patience.

Image choquante de Desjoyeaux sur le pont de Foncia ajourd’hui : il prenait un bain de soleil, en panne de vent ! Attention, Mich’, l’oisiveté est la mère de tous les vices. A toi bientôt du bon vent pour cracher le feu jusqu’aux Sables. En cas de doute devant l’anticyclone des Açores, souviens-toi du pari insensé d’ “UBS Switzerland” dans les années 80, de passer du côté le moins probable de l’anticyclone pour de terminer gagnant sur un simple coup de pif.

Mise à jour : A sept heures ce matin (heure française), Desjoyeaux (1er) a franchi l’équateur et sa vitesse est remontée à dix noeuds et plus. Jourdain (2e) n’est plus qu’à 330 nautiques de Desjoyeaux grâce à la constance de bons alizés d’est depuis près de deux jours et au ralentissement de Desjoyeaux dans le pot-au-noir. Le choix de Guillemot (5e) de longer la côte du Brésil lui a permis de rattraper Davies (4e) toujours engluée plus à l’est dans une zone de calme. Après avoir dépassé Davies, il compte remonter sur Le Cléac’h (3e). White (9e) a doublé le Horn et se présente dans l’Atlantique sud en contournant les îles des États plutôt que d’embouquer le détroit de Le Maire. Jusqu’à présent, seuls Desjoyeaux et Jourdain sont passés par le détroit.