Sélectionner une page

Desjoyaux est à 24 h ou moins de l’équateur et compte franchir le pot-au-noir sans trop de difficultés. Il envisage ensuite de passer à l’ouest des Açores pour arriver aux Sables d’Olonne au début février, en espérant que rien ne casse d’ici-là.

Après sa joie d’hier, captée sur vidéo, d’avoir enfin touché du vent constant, Jourdain s’inquiète aujourd’hui de ne pouvoir rattraper le leader, à 500 nautiques de son étrave. Il n’a certes pas abandonné l’espoir de dépasser Desjoyeaux avant la ligne d’arrivée. Les grains successifs taxent son moral. Il est dans les parages où Desjoyeaux avait indiqué avant-hier avoir vécu la pire journée de la course pour les mêmes raisons.

White (9e) devrait normalement franchir le Horn la nuit prochaine. Il lui reste moins de 300 nautiques pour y arriver. Sa descente vers le Horn a été lente en raison de multiples problèmes techniques. Il s’attend à remonter l’Atlantique dans des conditions plus paisibles.

Les deux derniers, Dinelli (11e) et Cedlacek (12e), naviguent ces derniers jours en eaux calmes à faible vitesse, alors que Wilson (10e) s’est fait malmener par l’état de la mer à l’approche de la porte du Pacifique est. Il a finalement franchi la porte et se dirige maintenant vers le Horn à vitesse réduite malgré un bon vent portant. Va-t-il accélérer la cadence ou continuer à vitesse réduite ? A voir au pointage de minuit.

Davies (4e) essaye sans grand succès jusqu’à présent de déchiffrer différentes informations météo pour établir sa stratégie de course pour les prochains jours. Elle affirme que les bulletins météo émis par différentes sources ont tendance à se contredire. Cela peut vouloir dire tout aussi bien que le temps à la hauteur de Buenos Aires est très instable et qu’il faut s’attendre à un peu de tout. Davis semble engluée pour l’instant dans une zone de vents légers et variables. Sa vitesse affichée au pointage de 15 h était de 2,3 nœuds. Simple question de vent ou quoi ?

J’aurais cru que Guillemot (5e) aurait déjà dépassé Davies. Or, au pointage de 15 h, il était encore à 200 nautiques environ dans son sillage, quoique progressant à 15 nœuds. A ce rythme-là, il aura tôt fait de la dépasser effectivement.

Boissières (7e) et Cafarri (8e) ont repris du terrain sur Thompson (6e). La mer est bien plus maniable pour le trio maintenant. Cafarri file bon train, compte tenu de l’état de sa GV. Pourvu que la voile tienne jusqu’à la ligne d’arrivée. Cafarri ne cesse de la rapiécer. Ces trois-là auront toute une histoire à raconter après l’arrivée aux Sables d’Olonne, notamment quant aux manoeuvres d’évitement et d’attente soigneusement mises au point grâce en partie aux nombreux messages d’entre-aide échangés par radio durant la grosse tempête qui est passée non loin à l’est du Horn.

Amusant et intéressant de voir les pelotons de rescapés de la course se formant derrière les leaders. Certains tiennent longtemps, d’autres non.

Dans l’Atlantique sud, il n’y a plus de systèmes de portes. La finesse, les tactiques et les stratégies reprennent toute leur importance, comme sur un échiquier.

Finie la longue et puissante houle qui fait le tour de l’Antarctique d’ouest en est. Finis aussi les vents forts, le plus souvent portants et fidèles au rendez-vous. Et les albatros, merveilleux compagnons des mers du sud, les skippers de la course actuelle reverront-ils chacun ces oiseaux gracieux et attachants aux longues ailes éternellement déployées? Au fond de leur âme, le souvenir de ce fabuleux paysage marin mettra du temps à s’estomper, à supposer qu’il puisse jamais s’estomper. Pareil pour les surfs interminables, tantôt exaltants, tantôt inquiétants, chevauchées fantastiques qui procurent des moyennes de 18, 19 ou même 20 noeuds, peut-on les oublier ?