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Journée difficile, hier, pour Desjoyeaux (1er) qui se sentait épuisé par des grains successifs (voir son blogue sur YachtPals). Alors que beaucoup d’entre nous, spectateurs sur la terre ferme, avions les yeux rivés sur le trio amorçant la remontée de l’Atlantique après avoir frôlé la tempête la plus forte de la course, Desjoyeaux avouait que ces grains, bien plus au nord, l’ont mis à plat. C’était pour lui, dit-il, la journée la plus difficile de la course jusqu’à présent.

Au pointage de 11 h ce matin, on le voit néanmoins filant à 15 nœuds au cap 10 et sur le point de franchir le 10ème parallèle. D’ici deux jours, si tout va bien, c’est l’équateur et la zone de calmes à négocier, là où les enjeux sont élevés : perdre sa belle avance de 370 nautiques sur Jourdain (2e) ou, au contraire, conforter sa position de chef de file.

Vidéo de Jourdain ce matin, torse-nu sur le pont de Veolia, chantant la venue des alizés d’est. Il fait route au nord à 12 nœuds, tout content aussi d’avoir remis son coursier des mers en bon état et… en ordre aussi. (Voir la vidéo sur le site officiel du Vendée Globe)

Des 40èmes rugissants aux alizés d’est, trois concurrents, le Cléac’h (3e), Davies (4e) et Guillemot (5e) changent de cap, accélèrent et ralentissent au gré des vents variables de l’anticyclone de Sainte-Hélène. Épreuve de patience certainement, d’endurance aussi. La remontée de l’Atlantique n’est décidément pas de tout repos non plus.

Le trio Thompson (6e), Boissières (7e) et Cafarri (8e) passe à l’ouest des Malouines par bonne brise du sud-ouest. On peut supposer maintenant que la mer s’est calmée depuis le passage de la tempête sur ces régions il y a deux jours environ. Cafarri avance bien pour un skipper dont la GV est en lambeaux. Reste à voir ce qu’elle pourra tirer d’Aviva dans le petit temps plus au nord. (Nouvelle de dernière minute : la journée d’hier a été très éprouvante pour le trio. La mer était fort chaotique, dure autant pour les skippers que pour les bateaux, alors que ces trois skippers se remettaient à peine des émotions fortes subies aux abords de la grosse tempête).

White (9e) est à 500 nautiques dans l’ouest du Horn. Il chemine à 10 nœuds, cap à l’est, comme s’il voulait se rapprocher de la côte chilienne avant de descendre un peu plus bas à la latitude du Horn.

Wilson (10e) est à 200 nautiques de la porte Pacifique est qu’il devrait avoir franchie d’ici demain pour enfin pointer son étrave au sud-est vers le Horn.

L’inséparable duo, Sedlacek (11e) et Dinelli (12e), est à deux jours de la porte Pacifique ouest, naviguant côte-à-côte à 20 nautiques l’un de l’autre. Mer et vent sont plutôt calmes dans leurs parages.

Entre tempêtes, après-tempêtes et grains successifs, le tout réparti sur quelque 4.000 nautiques de l’Atlantique sud, on peut se demander si l’un des concurrents du Vendée Globe se la coule douce quelque part ou non. Tout au long de la remontée, il y a encore des défis pour tous les goûts, parsemés heureusement, comme nous l’a encore montré Jourdain ce matin, de moments d’extase.