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Au pointage de 11 h, Desjoyeaux (1er) était à environ 400 nautiques au sud de Recife (Brésil). Il commence à toucher des vents d’est plus réguliers, ce qui lui permettra de moins zigzaguer en remontant l’Atlantique sud à 11 nœuds de moyenne et plus, jusqu’aux environs de la zone de calme équatoriale. D’ici-là, les vents devraient être faibles à modérés, mais au moins il les a par le travers, un régal pour Foncia.

Jourdain (2e) se débat toujours dans des vents faiblards et contraires. Il est à 300 nautiques de Desjoyeaux, presque à la hauteur des îles Trinidade, et donc sur le point de franchir le 20ème parallèle lui aussi. Il rejoindra bientôt la zone de vents de direction plus constante où se trouve Desjoyeaux et, là, on verra ce qu’il a dans le ventre.

Le Cléac’h (3e) est dans une zone de vent contraire, à 710 nautiques au sud de Desjoyeaux. Les deux premiers sont passés par là et lui non plus n’échappera à cette épreuve de patience avec la ronde des vents.

Rien de particulier à signaler au sujet de Davies (4e) et de Guillemot (5e). Ils font leur bonhomme de chemin vers le nord à une vitesse respectable, toujours au sud du 40ème parallèle.

Thompson (6e) a brillamment manœuvré la nuit dernière pour revenir se mettre sous le vent des îles des États et s’y tenir à la voile afin de laisser passer le plus fort de la tempête. Au pointage de 11 h, il avait repris sa route et se trouvait à environ 50 nautiques au nord du détroit de Le Maire, cap à l’ouest des Malouines. Même si le vent a nettement diminué, il faut croire que la mer, elle, est plutôt désordonnée dans ses parages.

Boissières (7e) et Cafarri (8e) ont également joué de prudence durant la nuit en restant dans l’ouest du Horn qu’ils ont finalement franchi dès que la tempête a commencé à s’éloigner du secteur est du Horn. J’ai l’impression qu’ils vont passer au sud des îles des États avant de remonter l’Atlantique pour éviter une mer vraisemblablement très inconfortable dans le détroit de Le Maire.

White (9e) est à mi-chemin entre la porte du Pacifique est et le Horn. Les vents dans son secteur sont bons mais on ne connaît pas l’état de la mer. Toujours est-il qu’il marche à 11 nœuds de moyenne ce qui indique qu’il ne pousse pas trop sa monture.

Wilson (10e) est remonté à la latitude de la porte du Pacifique est et devrait voir sa moyenne augmenter avec un bon vent de travers.

Le peloton de queue, Dinelli (11e) et Cedlacek (12e), est maintenant à l’est de la porte de la Nouvelle-Zélande dans une zone de vent faible. C’est le temps pour eux de faire le plein d’énergie avant que les conditions de navigation ne se corsent une fois passée la porte du Pacifique ouest, à quelques centaines de miles de leur étrave.

Encore une fois, je ne peux qu’admirer la patience et l’endurance de Thompson, Boissières et Cafarri qui ont su éviter la furie de la mer, quoique dans des conditions pénibles, pendant que la tempête sévissait à l’est du Horn. Ils doivent être drôlement soulagés aujourd’hui d’avoir enfin quitté les mers du sud.