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Nouvel avis de tempête, Force 11, de Météo France. La tempête est prévue cette fois dans les parages du Horn et, plus particulièrement, à l’Est du Horn. Rafales de 70 à 85 nœuds par endroits avec mer dangereusement creuse. Passage du détroit de Le Maire non recommandé.

Thompson (6e) a doublé le Cap Horn ce matin à 4 h15, par vent faible. Au pointage de 11 h, il était au sud des îles des États, cravachant à 14 nœuds. Si sa vitesse se maintient, il se sera éloigné suffisamment de la zone où sévira la tempête la nuit prochaine. Néanmoins, j’ai quelques inquiétudes pour lui. Il se trouve dans une position vulnérable. Il sera peut-être même obligé de suivre la tempête, ce qui est souvent la meilleure technique de survie en pareil cas, quitte à perdre une bonne distance dans la mauvaise direction par rapport à celle de la course. Mise à jour : J’ai appris ce soir que Thompson avait fait demi-tour pour ne pas se trouver dans les griffes de la tempête et cherche un refuge soit au sud des îles des États ou au nord du cap Horn. La côte sud des îles des États est parsemée de baies protectrices, selon Google Earth du moins. De là à savoir s’il est facile de s’y faufiler pour s’abriter de la tempête… je ne connais pas assez cette région pour me prononcer. Au moins Thompsom est sous le vent de la tempête, au sud des îles des États. Cela devrait le mettre en lieu sûr pour l’instant.

Boissières (7e) doit arriver au Horn dans les prochaines heures. En raison de l’alerte météo, il pourrait fort bien remonter au nord, vers une échancrure de la côte et y jeter l’ancre pour laisser passer la tempête.

Quant à Cafarri (8e), avec le moignon de GV qu’il lui reste et la distance qui la sépare du Horn, il est difficile d’entrevoir les possibilités qui s’ouvrent à elle : trouver également une échancrure dans la côte, avant le Horn ou marcher au ralenti en espérant que le plus gros de la tempête passera à l’est de sa zone actuelle au cours de la nuit. Mise à jour : Cafarri a fait savoir à la vacation d’aujourd’hui qu’elle compte effectivement ralentir et laisser passer le pire de la tempête à l’est de sa zone. Elle est à réfléchir aussi sur les différents moyens de réparer sa GV. Elle évoque, par exemple, la possibilité de la réparer en partie avec des morceaux de son spi. Bonne vidéo de Cafarri aujourd’hui où on la voit calme et réfléchie à l’idée du mauvais temps qui l’attend. Cette même vidéo nous présente des images superbes de la mer et d’Aviva à 300 nautiques à l’ouest du Horn.

Arrêt très productif aux Malouines, hier, pour Guillemot (5e). Son rail de GV est réparé, sauf à la partie supérieure faute de pièces de rechange. Il a passé 7 heures sur son mât par 30 nœuds de vent. Il est épuisé physiquement mais cela ne l’a pas empêché de se remettre en route sans tarder avec une nette amélioration de ses chances de rattraper quelques devanciers. Ce matin, il était déjà à environ à 300 nautiques au nord des Malouines, filant à 10 nœuds dans le sillage de Davies.

Wilson (10e) remonte vers porte Pacifique Est, à 10 nœuds. Pourquoi tout ce détour au sud pour devoir refaire du nord afin de franchir la porte ? Comptait-il sur un gain de vitesse appréciable qui, malheureusement pour lui, ne s’est jamais produit ?

Dinelli (11e) et Cedlacek (12e) sont toujours aux abords de la porte de la Nouvelle-Zélande. Ils se tiennent compagnie à environ 3 nautiques l’un de l’autre et progressent par vent léger, cap à l’est.

Davies (4e) peut s’attendre à voir Guillemot (5e) la rattraper car celui-ci a le pied pesant. Bonne vidéo de Davies aujourd’hui où on la voit marchant au près dans du bon vent, et toujours en bonne forme. Cause de ralentissement possible antérieur : une quantité impressionnante d’algues ou de goémon qu’elle a retiré de sa quille et qu’elle a mis bien en vue sur le pont pour nous donner une idée de ce qui la ralentissait. Il est vrai que les quilles pendulaires des Open 60 avec leur bulbe de lest n’ont pas la forme idéale pour laisser glisser cette végétation marine d’elle-même.

Quant aux trois premiers, Desjoyeaux (1er) a dépassé le 20e parallèle et se traîne à 7 nœuds au près. Jourdain (2e) a perdu un peu de terrain sur lui et a mis le cap plus à l’est pour plus de vitesse.

Un mot sur les réparations en mer dans le Vendée Globe. Comme vous le savez, le règlement de la course empêche toute assistance technique extérieure. Cela engendre parmi les skippers de la course une débrouillardise peu commune. Qu’il suffise de songer à l’arrêt de Guillemot dans l’archipel au sud de la Nouvelle-Zélande et ensuite aux Malouines, à Jourdain qui, chemin faisant, a réussi à consolider l’épontille de son mât, et aussi Davies qui répare l’électronique du bord et monte au mât comme un singe pour réparer sa GV, tandis que son bateau Roxy continue de foncer. Ces gens-là font preuve d’une indépendance presque totale. Marins jusqu’à la moelle des os, bricoleurs, contemplatifs, sportifs, solidaires à toute épreuve, cuistots, et j’en passe….

La perte de bulbe de lest de Le Cam et de safrans pour d’autres skippers n’aurait pas dû se produire. Je me demande si, les Open 60 étant si rapides, il ne faudrait pas songer pour la prochaine édition du Vendée Globe à l’installation sur les voiliers de course d’un dispositif sonore sous l’eau braqué dans la direction de la marche pour prévenir les mammifères marins de grosse taille. Il y a sans nul doute d’autres solutions à explorer. On verra bien.