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Légèrement inquiet de sa réparation, Jourdain marche plus prudemment qu’à l’ordinaire dans une mer cahoteuse, levée par un vent contraire et fort. Il est contraint de mettre de l’est dans son cap, maintenant au 54 au lieu de nord. Mauvais pari pour lui de s’être approché dernièrement des côtes du Brésil où il comptait sur des vents favorables. En outre, les dernières réparations constituent une source constante de distraction, vu la nécessité pour lui de surveiller constamment l’état de son bateau.

Desjoyeaux, plus futé peut-être mais surtout plus veinard (la combinaison des deux étant nécessaire pour gagner la course, et pas nécessairement en proportions égales) remonte toujours en ligne droite au 355, sans devoir louvoyer. A ne pas manquer : la superbe photo du sillage de Foncia sur le site du Vendée Globe, prise avant l’accalmie actuelle.

(Mise à jour : au pointage de 15 h (heure française), Desjoyeaux et Jourdain peinent tous deux à faible vitesse dans des vents défavorables. Desjoyeaux, lui aussi, a mis de l’est dans son cap pour se sortir de cette zone de vents contrariants. Détour obligé pour un 1er en course qui avait parié sur la ligne droite pour remonter l’Atlantique.)

Guillemot (5e) est fort heureux d’avoir doublé le Horn et d’être sorti des mers du sud. Il n’est pas sûr d’avoir vu le célèbre caillou au passage, en raison des mauvaises conditions de visibilité. De toutes les grosses masses sombres à l’horizon, laquelle était le Horn ? Il ne le saura pas au juste. Sans ancre pour immobiliser son bateau ‘Safran’ aux Malouines et réparer son rail de mât, il compte se mettre sous le vent des îles sur un plan d’eau calme afin de monter au mât pour réparer et disposer par conséquent de toute la surface de sa GV pour la remontée au nord vers la ligne d’arrivée. Il lui faudra des vents favorables pour cette réparation en eaux calmes. Rien n’est acquis.

Ah, cette incertitude ! L’éternelle compagne des skippers de la course au large. Écoutez la chanson de Moustaki et remplacez ‘Ma solitude’ par ‘Mon incertitude’ ; cela vous donnera une idée de la place quasi poétique que prend cette réalité incontournable dans l’esprit des skippers en course.

Ça va barder pour les sept concurrents toujours à négocier le Pacifique sud. Ils risquent d’affronter, comme je l’ai dit hier, un mauvais temps à battre tous les records de cette édition du Vendée Globe ! Le plus dur sera vraisemblablement pour les tous derniers en raison des vents contraires. Ils sauront se montrer à la hauteur de la tâche. Toutefois, au cas où, le PC du Vendée Globe aura son dispositif de secours prêt à intervenir.

Malbon (abandon) est finalement amarré à Auckland, de justesse pourrait-on dire, car d’autres avaries l’ont accablé dans les derniers miles. Sage décision que d’abandonner la course, aussi dure et décevante fût-elle pour lui. Dick (abandon) le suit de près et est attendu à Auckland sou peu.

That’s all for today, folks!