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Erreur de cartographie hier soir sur le site du Vendée Globe…? La barrière du Pacifique Est repositionnée quelques heures plus au sud a été ce matin re-repositionnée au nord.  Simple cafouillage sans doute. Sauf que White (9e), sur Toe in the Water, qui avait commencé faire un peu de sud à l’approche de la porte, s’est vite remis à faire du nord pour passer la porte ‘remontée’. Léger détour pour lui, heureusement.

Davies (4e) a passé le Horn sans le raser, contrairement à ses prédécesseurs et à mes prédictions d’hier soir. Le passage du Horn n’a pas été de tout repos pour elle : mer agitée, vent fort. Sa position actuelle, au sud du détroit de Le Maire, ne permet encore pas de deviner sa stratégie pour entrer dans l’Atlantique sud. Le vent dans le détroit est propice, selon la dernière carte des vents, à un passage par le détroit. De fait, depuis hier soir, le vent est passé à l’ouest et a forci quelque peu. Un passage au sud des îles des États et ensuite à l’est des Malouines n’est pas à exclure, selon ce qu’elle anticipe comme conditions dans l’Atlantique sud. On a bien vu, il y a quelques jours à peine, le Cléac’h amorcer une belle remontée de l’Atlantique de cette façon, sans zigzagues en plus ! Clin d’œil à Desjoyeaux.

Qu’en est-il, ce matin, du pari respectif des deux premiers concurrents ? L’écart entre Desjoyeaux (1er) et Jourdain (2e) se creuse un peu plus. Selon la carte des vents de 11 h, ce matin, le pari ‘parcours direct’ de Desjoyeaux lui sourit pour l’instant, même si le vent est un peu plus faible dans ses parages que celui escompté par Jourdain plus près du Brésil. Desjoyeaux marche à 13 nœuds, Jourdain à 11 nœuds. La différence de cap entre les deux n’est pas énorme (20 degrés). A ce stade de la course, toutefois, la différence pourrait être déterminante.

Aucune nouvelle de l’état de Véolia. Le bateau est-il en mesure d’encaisser un éventuel coup de tabac ? On voudrait bien le savoir afin d’être rassuré sur la sécurité de Jourdain, d’autant plus que les prévisions plus récentes de Météo France (16 h 21) annoncent du vilain dans l’étrave du duo de tête.

Oups…, à 17 h 17 (heure française), je viens d’apprendre que Jourdain a solidement réparé les fissures de son bateau. Le voilà reparti, increvable, aux trousses de Desjoyeaux.

Parlant de coup de tabac, les craintes se confirment pour le peloton de queue, Sedlacek (11e) et Dinelli (12e). La plus grosse tempête du Vendée Globe est prévue dans leur secteur. Faire dos rond…? Difficile à imaginer car les vents seront contraires. Pour couronner le tout, il y a toujours cette houle d’ouest en est du Pacifique sud qui désordonnera la mer. Ces deux marins savent sûrement comment s’y prendre. Soyons prudemment optimistes pour eux. Ils en auront des histoires à raconter ! Pas si peinard que ça de fermer la marche dans cette édition du Vendée Globe.

Au sujet de Guillemot (5e), on se posait la question depuis un bout de temps : où va-t-il réparer son rail de GV ? Aux Malouines, aux dernières nouvelles. A 11 h, ce matin, il était à 200 nautiques dans l’ouest du Horn qu’il aura largement franchi demain, sans trop de perte de vitesse (moyenne actuelle de 17 nœuds) malgré les trois ris obligés dans sa GV.

Situation moins drôle pour Cafarri (8e) dont la GV se détériore irrémédiablement. Pourra-t-elle passer le Horn sans grand-voile et atteindre les Malouines pour s’y réfugier ? A voir. Elle a du cœur au ventre, c’est déjà beaucoup. A la rigueur et avec un peu de chance, selon l’état de la mer et la direction du vent, elle pourra obliquer vers le canal Beagle juste après le Horn. Passer entre les cailloux en voilier avant le Horn par gros temps pour atteindre plus rapidement Ushuaia est pratiquement impensable.

Mise a jour : Au pointage de 15 h, Dick (abandon) est à quelque 200 nautiques d’Auckland, par vent portant faible à modéré. Son unique safran tient toujours. Dans 24 heures environ, il devrait être à bon port.