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Au pointage de 11 heures aujourd’hui sur le site du Vendée Globe, Jourdain (2e), longeait la côte chilienne à 14 nœuds, en direction du Horn. Il était à 86 nautique derrière Desjoyeaux (1er) qui, lui filait plus au sud à 16 nœuds dans une mer peu maniable.

Selon la météo, Desjoyeaux et Jourdain devraient passer le Horn par vent d’ouest de 20 à 25 nœuds, avec idéalement une bonne houle dans le dos. Dans ces conditions nettement plus favorables, vont-ils pouvoir se reposer au moment même de passer le Horn, au lieu d’attendre d’arriver dans l’Atlantique Sud ? Pas évident pour Desjoyeau alors que Jourdain est toujours à toucher son tableau arrière. Desjoyeaux a besoin de creuser l’écart davantage avec son poursuivant s’il veut relaxer un peu. On assiste vraiment à une guerre d’usure entre bons amis.

Le Cléac’h (3e) se trouvait à 480 nautiques de Desjoyeaux. Son moral va mieux, les conditions s’améliorent. Il est prêt pour le Horn et la remontée de l’Atlantique où il aura l’occasion, souhaite-t-il, de revenir inquiéter le duo de tête. Il expliquait plus tôt sa fatigue des derniers jours : «…La puissance des mers du Sud m’a pas mal impressionné car elle change très vite, que se soit en direction ou en force… ce qui rend difficile le guidage du bateau. La force du vent devient secondaire, c’est surtout l’état de la mer qui importe». Sa dernière phrase résume bien l’expérience que lui et ses concurrents vivent depuis des semaines.

Desjoyeaux a dévoilé aujourd’hui son ‘arme secrète’ alors qu’on commençait vraiment à se demander. Voici un extrait de ses propos : «… une trinquette en « cuben fiber » que j’ai mis en place depuis l’anticyclone Sainte-Hélène. (…) Ça m’a permis d’éviter d’utiliser la grande voile et de la garder avec une bonne force de vent, jusqu’à 50 nœuds… Dans certains passages de dépression, je n’aurai pas pu tenir sans». (Vacation du Vendée Globe, 4 janvier 2009)

Toujours égale à elle-même, Davies (6e) expose calmement ses objectifs : empêcher Guillemot de la dépasser même si, techniquement en temps compensé, c’est déjà fait, et «… finir aux Sables d’Olonne à 9 000 milles d’ici, pas de battre un record de 24h sur un bateau cassé ou fatigué».

Malbon (13e), sur Artémis, victime depuis quelques jours d’une série d’avaries, notamment des problèmes de grand-voile, abandonne la course et fait route vers Auckland.

Cafarri (9e), malgré ses problèmes de grand-voile, se dit prête, elle et son bateau, à poursuivre la course et à y mettre le paquet pour le sprint final vers la ligne d’arrivée.

Mise à jour : Desjoyeaux (1er) a empanné à une latitude à peine plus au sud que le Horn et a mis le cap à l’est en direction de l’entrée de l’Atlantique sud. Jourdain, à 86 nautique de lui, descend toujours vers le sud. Quand et où mettra-t-il le cap à l’est ? On le saura demain matin. Il a sans doute en tête une stratégie bien différente de celle de Desjoyeaux.