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En général, pour les concurrents du Vendée Globe, la météo s’améliore. Dans la plupart des secteurs concernés, le vent a nettement molli, parfois trop même au goût de certains concurrents. Plusieurs d’entre eux se réjouissent de voir le soleil après avoir passé des jours sous un ciel couvert et souvent menaçant.

Josse abandonne officiellement la course après avoir pu examiner attentivement ses safrans. Il semblerait que l’avarie soit irréparable en mer et empêcherait son maxi d’évoluer à plus de dix nœuds. En outre, son roof est fissuré. Décidemment… dur à accepter qu’une grosse déferlante puisse avoir le même effet qu’une collision avec obstacle solide. Et dur aussi pour ceux qui, comme moi, essayent d’imaginer du confort de leur domicile sur la terre ferme l’état de la mer dans laquel se trouvait Josse.

On vient d’apprendre que Derek Hatfield sur Spirit of Canada – Algimouss abandonne, lui aussi, officiellement la course. Il avait subi des avaries à son gréement et à l’électronique de bord après s’être fait coucher plusieurs fois au plus fort de la tempête de cinq jours. Épuisé mais indemne, semble-t-il, il se dirige à vitesse réduite vers la terre ferme, sans doute Hobart. Décision difficile pour lui que d’abandonner, mais sans aucun doute mûrement réfléchie.

Est-il trop simpliste de se demander pourquoi des maxis conçus pour des performances maximales ne soient pas aussi conçus pour des conditions extrêmes et surtout prévisibles ? S’il y a un compromis à faire entre performance et résistance, de quel côté penche la balance ? Il y a quelques jours, je me demandais s’il incombait aux skippers de savoir quand lever le pied avec leur bolide flottant. Toutefois, connaissant la prudence en mer d’un skipper comme Derek Hatfield, j’en suis à me demander si l’esprit de concurrence ne prévaut pas dans le calcul des risques aux moments de la conception et de la construction d’un maxi ? Jusqu’à présent, les concurrents blessés ou en difficulté technique ont pu faire escale à quelques jours de voile du lieu de l’incident. Espérons que rien de semblable ne se produise en plein milieu du Pacifique sud.

Autres nouvelles : Desjoyeaux et Jourdain, les deux premiers de la course à près de 100 nautiques l’un de l’autre, se sont remis à faire du planning de façon assez régulière. Leur vitesse moyenne oscille entre 18 et 19 nœuds par bon vent dans une mer plus maniable.

Desjoyeaux réussit toujours à garder la tête malgré la nécessité d’affaler sa grand-voile plus tôt aujourd’hui, le temps de changer des lattes endommagées. Il se pourrait même que l’écart entre lui et Jourdain dépasse bientôt les 100 nautiques. A la place de Desjoyeaux, je n’aurais l’esprit tranquille qu’avec un écart de 500 nautiques du poursuivant immédiat, et encore ! Desjoyeaux ‘bénéficie’ d’un maxi plus léger et plus toilé que celui de Jourdain. Cela ne saurait être le seul gage d’une éventuelle victoire dans l’édition 2008-2009 du Vendée Globe. Plusieurs des poursuivants n’ont pas dit leur dernier mot.

Quoiqu’il en soit, au rythme où ils progressent, les deux premiers devraient se trouver dans les parages du Cap Horn dans la première semaine de janvier 2009.

Samantha Davies sur ‘Roxy’ passe la porte de la Nouvelle-Zélande et, avec l’abandon de Josse, passe en 7e position sur les 16 concurrents encore en course. Elle suit de près Jean-Pierre Dick, en 6e position sur ‘Paprec Virbac 2’. Marc Guillemot qui avait fait escale aux îles Auckland pour réparer une avarie, revient à la charge en 8e position à la vitesse de 18 nœuds. A ce rythme, il a de bonnes chances de regagner le peloton de tête.

On déplore la perte de Generalli, le maxi de Yann Eliès, abandonné en haute mer après le sauvetage de Yann par la marine australienne. Laissé à la cape dans la tempête, Generalli a présumément fini par couler selon les signaux envoyés automatiquement par les balises de détresse à bord du maxi.

Bilan de la mi-course : un blessé grave mais bien secouru, un grand nombre d’abandons, de nombreuses avaries en tous genres plus ou moins graves, un maxi coulé. Pas très gai comme bilan, toutefois on ne déplore aucun autre blessé grave ni perte de vie malgré l’état déchaîné de la mer pendant quelques jours, de la tête de la course jusqu’au peloton de queue. Disons qu’avant l’entrée dans le Pacifique sud, ce bilan devrait être particulièrement instructif et inciter tous les concurrents encore en course à ne pas jouer à la roulette russe avec vents et mer.