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La série de dépressions qui pourchassait les concurrents du VG ses derniers jours semble se calmer. Certains l’ont ressentie très fort, d’autres beaucoup moins. Résultat : un nouvel abandon possible, celui de Josse qui fait route au Nord pour évaluer les fissures dans son roof et sa coque avant de décider si ça vaut la peine de se remettre en course dans le Pacifique sud. Abandon possible, hélas, de Derek Hatfield dont l’électronique de bord et les instruments de mesure du vent en tête de mât ont été endommagés par trois knock-downs. Pour l’instant il poursuit la course à 12 nœuds de moyenne avec, en plus de autopilotes sur lesquels il ne peut pas compter lorsque le vent souffle à plus de 35 nœuds. C’est une grande décision à prendre pour ces deux concurrents avant d’entamer la traversée du Pacifique sud vers le Cap Horn, car au moins pour l’instant, ils peuvent rallier la terre ferme en peu de temps. Ce ne sera pas le cas au milieu du Pacifique.

Deux situations marrantes : Samantha Davies qui a subi la tempête comme une fleur, sans dégâts, et au lieu de se plaindre, s’inquiète des autres. Ensuite, Desjoyaux, toujours premiers, dont la moyenne est passée à 17 nœuds (mer sûrement plus calme), sans casse non plus, et continue de semer ses poursuivants. Il a le toupet de dire qu’il n’est pas satisfait de lui-même. Dur, dur, dur d’être perfectionniste !

Guillemot, avec son rail de mât cassé à la partie supérieure du mât, est ancré à l’île Enderby parmi les îles Auckland, pour réparer en eau calme. Les dégâts sont plus graves qu’il ne le pensait. Quel superbe spectacle d’où il est ancré ! Je suis allé voir sur Google Earth; ça donne vraiment envie d’aller à cette île ou série d’îles voisines. Guillemot avoue lui-même que c’est dommage qu’il ne soit pas venu en touriste. Il n’y a pas grand monde autour mais une nature magnifique à perte de vue.

Les administrateurs de la course, un peu secoués par la série de tempêtes que vient d’essuyer la flotte du VG, ont changé l’emplacement de la porte est du Pacifique sud, la dernière donc avant le Cap Horn. La nouvelle position de la porte va forcer les concurrents à naviguer dans des conditions météo moins extrêmes et aussi plus au nord de la limite des icebergs. Bonne décision, à mon avis, vu le nombre d’avaries et d’abandons subis par les concurrents dans l’océan Indien et l’ouest du Pacifique sud.

Où et comment s’entraînent des skippers cool comme Samantha Davies ? La question m’intriguait depuis un bout de temps. Tout d’abord, il faut bien savoir que derrière chaque skipper, il y a toute une équipe qui a préparé le bateau et le skipper pendant des années. Il suffit d’aller voir sur leur site web respectif. Ensuite, pour les skippers qui en ont les moyens, il existe en France une école de voile très poussée qui forme les futurs skippers pour la course au large. Cette école de voile hautement spécialisée et réputée vaut le coup d’œil : www.polefinistere.com.

Autre remarque : les maxis du VG actuel les mieux rôdés sont ceux qui ont été construits il y a quelques années, l’un d’eux en 2000, pour passer ensuite de main en main, tout en se faisant retaper, alléger, moderniser, etc. Parallèlement à cela, les skippers les mieux placés dans la course possèdent presque tous un palmarès déjà très impressionnant et long. Rares sont ceux qui n’ont pas déjà gagné deux à trois fois des courses aussi éprouvantes que prestigieuses, comme la Route du rhum, les éditions précédentes du VG, etc. Pour voir leurs palmarès, si le cœur vous en dit, allez au site du VG et zyeutez sous la rubrique « Les skippers ».