Banque Populaire V – Trophée Jules Verne 2012 : record homologué

   On apprend, sans grande surprise, que le tour du monde à la voile en équipage et sans arrêt ni assistance, bouclé par le maxi trimaran Banque Populaire V en janvier 2012, est maintenant homologué par le Word Sailing Speed Record Council (WSSRC).

  Les chiffres officiels nous donnent 45 jours (chiffre arrondi) à la vitesse moyenne de près de 20 nœuds. Belle victoire pour Banque Populaire V qui a creusé un net écart par rapport à son prédécesseur, Groupama 3.  N’empêche que Loïck Peyron et son équipage ont dû trimer pour y arriver. La descente vers l’équateur et la traversée du Pot-au-noir, avant de toucher par après les 40èmes rugissants est déjà une bonne indication de ce qui va se jouer en termes de chiffres comparatifs sur le reste du parcours. Si, comme on le dit dans les milieux de la course au large, les chances de succès se jouent dans les conditions de départ, il y avait effectivemment de quoi se réjouir une fois sur le circuit de vitesse des 40èmes. Malgré cela, un champs de glace droit devant, un détour obligé…, l’équipage de Loïck n’était pas au bout de ses peines.

   Revenons aux chiffres de base : le record précédent effectué par Groupama 3, homologué en 2010, nous donnent 48 jours (chiffre arrondi aussi) à la vitesse moyenne de presque 19 nœuds.

   Ces chiffres bien arrêtés ne disent pas tout. On remarque l’écart de trois jours entre le dernier record arraché par Franck Cammas et son équipage, et le dernier par Loïck Peyron et son équipage. Quel acharnement ou quel coup de bol cet écart suppose-t-il ?

  Ces deux multicoques soigneusement conçus et mis au point, vu leur grande taille et les défis a affronter, sont parmi les plus rapides au monde pour la course au large, à cette différence près qu’ils sont assurément les plus solides et les mieux dirigés, compte tenu des efforts de structure subis par ces voiliers jour après jours par gros temps et de la performance des équipages.

   Trois jours d’écart pour une différence d’un (1) nœud de vitesse moyenne… Qu’est-ce que cela peut bien nous dire ? Supposons un voilier se déplaçant plus vite qu’un autre à raison de 1 nœud. En 1 jour, il aura parcouru 24 nautiques de plus que l’autre. En 45 jours, il aura parcouru environ 1 100 milles marins de plus que l’autre. Que faut-il en penser ?  Que Banque Populaire V est, dans l’absolu, plus rapide que Groupama 3 ou, tout simplement, qu’il a réussi à suivre un trajet plus court sans casse ? 

   Comme le chantait Bob Dylan: The answer is blowing in the wind,  ‘wind’ au sens figuré, s’entend. Il y a tant d’impondérables dans une course à la voile autour du monde : les vents, la position des anticyclones déterminants, celle des champs de glaces (icebergs et growlers) autour du pôle sud, l’audace d’un skipper par rapport à l’autre, la qualité des données météo et de la position des glaces communiquées par le routeur.

   La liste des facteurs est plus longue, bien sûr. Il serait édifiant de comparer tout d’abord la distance précise parcourue par chacun des deux multicoques en milles marins. Le WSSRC n’en tient pas compte pour l’homologation. Notons en passant que Banque Populaire V et Groupama 3 sont chacun parti de Brest et y ont franchi aussi la ligne d’arrivée.

   Pour bien apprécier la part d’incertitude quant aux raisons qui ont permis à Banque Populaire V d’arracher un nouveau record du tour du monde à la voile, rappelons-nous de Michel Desjoyeaux sur Foncia, un monocoque, qui a bouclé le tour du monde sans arrêt et, en plus, en solitaire en 84 jours à près de 11 nœuds de moyenne. Un record en soi, bien homologué. Ce que le WSSRC ne dit pas dans son cas, c’est qu’il lui a fallu faire route plus au nord pour respecter les barrières de glace instituées par le comité organisateur du dernier Vendée Globe. Un joli détour. C’est pourquoi il n’y a pas encore lieu de conclure  qu’un multicoque va nécessairement deux fois plus vite qu’un monocoque.

   L’avenir a encore beaucoup à nous apprendre à ce sujet. D’ailleurs, une nouvelle édition du Vendée Globe se prépare pour l’automne 2012 et d’autres tentatives de battre le dernier record du Trophée Jules Verne sur multicoque se succéderont. Les paris sont ouverts.

Loïck Peyron sur Banque Populaire V remporte le Trophée Jules Verne


    Pari lancé, pari tenu : Banque Populaire V, le maxi trimaran dernier cri, vient de boucler le tour du monde à la voile de Ouessant (près de Brest) à Ouessant, en 45 jours et demi environ. Ce faisant, il bat le record détenu auparavant par Franck Cammas et son équipe sur Groupama 3.

   On attend l’homologation de l’exploit par le  World Sailing Speed Records Council dont le tableau affiche toujours pour l’instant Franck Cammas sur Groupama 3 comme le plus rapide à faire le tour du monde sans escale en 48 jours, à la vitesse moyenne de près de 19 noeuds.  S’il est vrai, comme le rapporte certains medias, que Banque Populaire V a tenu une moyenne de plus de 26,5 noeuds en bouclant le tour du monde tout dernièrement, on peut s’interroger sur la différence de longueur du parcours suivi par Loïck comparativement à celui de Franck en 2010. 

   Cela s’est fait dans le cadre du Trophée Jules Verne qui offre un prix à quiconque fait le tour du monde à la voile en équipage mais sans escale ni assistance technique en mer, en revenant au point de départ choisi, et parvient à établir un nouveau record de vitesse dans ces conditions.

   Loïck Peyron, le skipper, a ainsi rétréci l’exploit précédent de Franck Cammas de presque trois jours. Trois jours sur 45 et demi, c’est serré et pourtant c’est la tendance qui se dessine au  palmarès du Trophée Jule Verne. Le plus grand écart de vitesse dans la course au trophée par rapport au record précédent a été arraché par Bruno Peyron en 2005 sur Orange 2, soit en 50 jours et 16 heures. Treize jours d’écart sur record précédent, c’est énorme.  Depuis, on grignote quelques jours sur le record précédent, l’équivalent de quelques dixièmes de secondes dans un slalom géant dans les compétitions de descente à ski.  Cela ne paraît pas énorme aux non-initiés mais il faut bien savoir que tout se joue avec le meilleur matériel et équipage possibles pour creuser l’écart. C’est là la nature de l’exploit.

  D’ailleurs, Loïck Perron n’a pas tardé, à son arrivée à Brest, à déclarer que Banque Populaire V aurait pu faire mieux, beaucoup mieux, avec le même voilier n’eût été de l’allongement imprévu du parcours en raison d’un immense champs d’icebergs qui lui barrait la route directe. En plus, sur le parcours du  retour, il lui a fallu contourner l’anticyclone des Açores par le Nord. Un autre détour. Hormis ces détours, Loïck et son équipe avaient choisi un bon créneau météo au départ, élément absolument crucial d’une bonne course autour du monde à la voile.

   Loïck et son équipe étaient très bien préparés et l’équipage de 14 hommes formait un groupe aussi solidaire qu’efficace grâce en bonne partie aux talents de meneur d’hommes de Loïck. Comme quoi il naît d’autres Ernest Shackleton au fils des ans.

Banque Populaire V

(Merci à YachtPals pour la photo)

  On peut se demander comment est-il possible de tenir une moyenne d’un peu plus de 26 nœuds pendant 45 jours et quelques heures, nuit et jour, sans se faire prendre par une grosse vague ni heurter d’obstacles. Il y a là une part de chance mais surtout une bonne stratégie et un voilier bien conçu (par le frère de Miche, soit dit en passant). Un trimaran lancé à 30 nœuds et plus contre un mur d’eau en pleine nuit court un risque très fort d’enfourner et de culbuter si le barreur ne voit pas la vague à temps pour changer de cap, juste le temps de passer la vague sans encombre. Or, dans les hautes latitudes autour du cercle polaire sud, il règne une luminosité suffisante 24 heures sur 24 pour apercevoir l’obstacle à temps.

  Déjà, à la suite du Fastnet catastrophique de 1979, un skipper qui avait réussi à passer dans le gros temps et franchir la ligne d’arrivée, avait observé que le tout était d’aller assez vite en gardant suffisamment de toile pour se faufiler rapidement entre les déferlantes, ces chavireuses de voiliers.

  De nos jours, les voiliers de course au large sont conçus exactement pour tenir une vitesse élevée dans une mer démontée afin de pouvoir négocier un passage sans casse avec la forte houle surplombée de hautes vagues menaçantes.  Dans une mer désordonnée, il n’est pas dit que cela soit aussi facile.  C’est aux skippers invétérés à nous parler de leurs techniques dans leurs récits de course folle à la voile.  Il arrive encore que des voiliers très rapides aient à se mettre en panne, mais moins souvent qu’auparavant.  On se rappelle, par exemple, de Michel Desjoyaux (Miche) qui, durant le Vendée Globe 2008-2009, semblait passer dans toutes conditions météo sur sa route – en silence radio – pour ressortir quelques heures plus tard, tout naturellement, sans dommages.

  Revenons à Loïck et son équipage, au routeur hollandais qui les guidait par radio entre les icebergs et autres dangers ainsi que le concepteur naval de Banque populaire V et les ouvriers du chantier qui l’ont construit, et tant d’autres. Une formidable réalisation nautique, française encore une fois, qui démontre la belle obsession d’un pays tout entier pour la mer, la voile, la conception de voiliers performants, la débrouillardise, l’esprit compétitif et la sécurité en mer, la place réservée aux jeunes, la formation de la relève, les populations côtières, la vitalité des petits ports, les solitudes océanes …

  Loïc étant si sûr de lui maintenant, pouquoi ne pas souhaiter à Banque Populaire V et son équipage d’être les premiers à baisser à 40 le nombre de jours nécessaires pour faire le tour du monde à la voile, soit la moitié de ce que Jules Verne s’était accordé dans son célèbre roman « Le tour du monde en quatre-vingts jours » ?  Cinq jours de moins que le tout dernier record ! Parions que Loïc Peyron et son entourage misent déjà sur ce nouvel exploit à venir.

Bravo, Banque Populaire V !

Nouveau record absolu de vitesse à la voile sur l’eau

    L‘organisme international chargé d’homologuer les records de vitesse à la voile sur l’eau a émis un communiqué de presse, le 2 décembre 2010, déclarant que le record absolu de vitesse à la voile sur l’eau qu’Alex Caizergues avait atteint le 12 octobre dernier en Namibie est maintenant homologué.

   On se souvient effectivement que le 12 octobre dernier, Alex avait tenu en kite-surfing la vitesse moyenne de 54,10 noeuds.  Du jamais vu !  La barre des 100 km/h était enfin franchie par… un engin aquatique à voile de faibles dimensions, manoeuvré par une seule personne.

   Simple formalité, pourrait-t-on dire ?  Pas du tout.  Le World Sailing Speed Record Council (WSSRC)lève tout doute sur les performances d’Alex à la voile.  Le kite-surfing promet des records de vitesse moyennes intéressantes.  Plusieurs kite-surfeurs luttent pour la première place.  Alex l’a arrachée à Robert Douglas qui détenait le record de vitesse sur 500 en kite-surfing depuis un peu plus de deux ans.

   Alex Caizergues peut bien se targuer d’être incontestablement la personne la plus rapide sur l’eau à la voile.

   En plus, le record est absolu.  Alex n’est pas simplement le plus rapide à la voile dans sa catégorie; il l’est dans toutes les catégories d’engins aquatiques à voile, peu importe la distance parcourue.

   Petit rappel : le WSSRC ne se préoccupe pas pour l’instant des records de vitesse de pointe.  Cela tient vraisemblablement aux difficultés de bien mesurer un record de vitesse à la voile.  L’organisme ne peut pour l’instant qu’homologuer des vitesses moyennes, en commençant par les vitesses moyennes sur 500 mètres.

   En ce qui concerne le record de vitesse absolu à la voile sur l’eau, le record officieux appartient au maxi-trimaran Hydroptère qui aurait atteint, en 2009, la vitesse de pointe de 61 noeuds.  En fait de vitesses moyennes sur 500 mètres, l’Hydroptère n’est pas loin derrière Alex, à cette différence-ci que l’Hydroptère a également atteint en novembre 2009, le record de vitesse moyenne de 50,17 noeuds sur une distance d’ un (1) mille nautique.  A ce niveau-là, l’Hydroptère n’est pas surpassé.

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Notice du 15 juillet 2001 :

Après consultation aujourd’hui du site Web de l’organisme international d’homologation des records de vitesse à la voile sur l’eau, rien à signaler en fait de records sur voiliers conventionnels.  Je garde à l’esprit les records  toujours non détrônés de Franck Cammas sur le trimaran Groupama 3 et celui de Michel Desjoyeaux sur le monocoque Foncia, tous deux en tour du monde non-stop en solitaire.  Ce sont pour moi les records les plus remarquables jusqu’à présent.  À quand les nouveaux records dans la même catégorie ?  Que je sache, il n’y en a pas pour l’instant en voie d’homologation.

Notice du 16 janvier 2011 :

   De noeud en noeud, les records de vitesse en kite-surf se succèdent du côté masculin, depuis le record de 54,10 noeuds d’Alex Caizergues.  Le flambeau revient pour l’heure à l’Américain Rob Douglas qui a touché les 55,65 noeuds en octobre 2010, un record qui lui a valu malheureusement des blessures après un chute désastreuse à haute vitesse.  Je salue ces courageux athlètes du vent et de l’eau, et je salue surtout en passant le record féminin tout récent en kite-surfing de plus de 50 noeuds, soit 50,43 plus précisément, atteint à la même époque par  Charlotte Consorti.  Son record dépasse de presque huit noeuds le précédent record féminin.  Chapeau !  Et aussi tous mes souhaits de convalescence à Rob Douglas.

   Mon intérêt pour les records de vitesse absolu sur l’eau à la voile s’arrête ici.  Je m’en tiendrai donc aux records de vitesse réalisés sur des voiliers conventionnels, monocoques et multicoques.  Les records abolus, tous engins à voile confondus, sont difficiles à suivre.  Notons par ailleurs que les records de vitesse moyenne à la voile tourdumondiste détenus par des mineurs d’âge ne suscitent plus mon intérêt pour des raisons de sentiment de responsabilité envers les adolescents, à l’instar du World Sailing Speed Record Councilqui n’en tient plus compte afin de protéger les jeunes de tentatives trop hardies pour leur âge.  Idem pour les séniors.  Bravo, mais nous ne voudrions pas vous inciter non plus à vous pousser toujours plus loin à l’extrême limite du possible.  Un record en appelle un autre, avec pour résultat que le risque n’en vaut plus la chandelle, à mon humble avis, tant que les moyens de protection raisonnables ne sont pas conçus et appliqués.

Alexandre Caizergues défonce le record de vitesse mondial en kitesurfing

(Mise à jour de l’article maintenant disponible ici)
  
   Alexandre Caizergues, kit-surfeur de renommée, a franchi un nouveau record de vitesse en kit-surfing en tenant une moyenne de 54 nœuds (chiffre arrondi), le 12 octobre dernier en Namibie.
  
    Ce téméraire chasseur de records sur l’eau déboute ainsi l’Hydroptère de son record de vitesse sur 500 mètres, fixé à 51 nœuds (chiffre arrondi).  L’écart est net, bien creusé, et mérite toute notre attention.
  
    On serait porté à croire, à lire la presse consacrée à la voile, que le nouveau record d’Alexandre Caizergues de 54 nœuds sur 500 mètres constitue pour l’heure la vitesse absolue jamais atteinte par un engin à voile.  Nous parlons bien ici d’une record de vitesse mondial pour un engin à voile sur l’eau.
  
    Certains se souviendront que l’Hydroptère, célèbre maxi-trimaran hydroptère, a atteint momentanément, il y a deux ans environ, la vitesse de pointe non homologuée de 61 nœuds peu avant de culbuter.  Dure leçon.  Toutefois, il est clair depuis que l’Hydroptère est en réalité capable de pénétrer la plage des 60 nœuds de moyenne sur 500 mètres ou plus. Il s’y prépare vraisemblablement, en prenant des précautions supplémentaires cette fois.
 
     Quel est donc l’élément essentiel à fignoler pour qui veut atteindre de nouveaux records de vitesse à la voile sur l’eau : l’homme ou la machine, ou les deux ?  S’il s’agit de l’homme, comme dans le cas d’Alexandre Caizergues et d’autres kit-surfeurs maintenant à ses trousses, les capacités athlétiques ressortent nettement comme élément majeur.  Sur maxi-trimarans, hydroptères ou non, la conception et la construction de la machine passent au premier plan, suivies de la bonne coordination et du savoir-faire de l’équipage. 
 

(La vidéo ci-dessus a pour seul but d’illustrer le contraste athlétisme/technologie entre un trimaran de course et une planche à voile.)

   L’avenir nous confirmera bientôt si cette façon contrastée d’aborder les records de vitesse à la voile (c.-à-d. : athlétisme/technologie) est valable ou non.  Cela dit, il est évident que planches à voile et kit-surfs d’un côté, et trimarans, de l’autre, s’arracheront encore mutuellement des records de vitesse.  Il semblerait même que le potentiel de vitesse des kit-surfs soit nettement supérieur à celui des planches à voile.  Pourquoi ?  Satanée question.  Il faudra bien y répondre tôt ou tard.

 
   Et ce n’est pas tout : on dénombre d’autres engins à voile, au sens strict, susceptibles de décrocher des records de vitesse.  Parmi ces engins figurent, par exemple, les chars à voile et les chars à glace.  L’an dernier, un char à voile sur roues a dépassé les 200 km/h.  Du côté chars à glace, on relève un record de 134 km/h non vérifié.
 
   En attendant de démêler ces catégories d’engin à voile, nous sommes encore sous le coup de la surprise que vient de nous donner Alexandre Caizergues avec son tout dernier record fracassant de vitesse pure à la voile sur l’eau. Un seul homme et son kit-surf.  Bravo, Alexandre ! 
 
 
NOTA : Pour accéder à l’article précédent sur les records de vitesse à la voile, il vous suffit de cliquer ici : Records de vitesse à la voile
 
 

Banque Populaire V fracasse un nouveau record de vitesse à la voile

Bravo Banque Populaire V !  On apprenait en effet il y a deux jours que le maxi trimaran Banque Populaire V venait de rallier Marseille à Carthage, une distance de 477 miles,  à la vitesse moyenne de 33,24 noeuds.  Temps de traversée: 14 h 20 m.  Fort impressionnant, il n’y a pas à dire.

Pour tenir cette vitesse moyenne, il serait bon de savoir quelle vitesse de pointe maximale Banque Populaire V a pu atteindre durant cette  fabuleuse traversée.  Sa vitesse de pointe se rapprocherait-elle, par hasard, des vitesses de pointe comparables,  pour l’heure, à celles de l’Hydroptère ?   A vérifier…

Quelles nouvelles surprises nous réservent les trois grands chasseurs de records de vitesse moyenne à la voile?  Je pense notamment à l’Hydroptère, à Groupama 3 et à Banque Populaire V.

On verra bien.  En attendant, soulignons néanmoins que Groupama 3 détient toujours le record de vitesse sur le plus long parcours, soit le tour du monde à la voile en équipage par les trois caps.

Groupama 3 : nouveau record du tour du monde à la voile

Et voilà, pari  tenu : Groupama 3 a coupé cette nuit la ligne d’arrivée après 48 jours et 7 heures de mer, battant ainsi de plus de deux jours le prestigieux record précédent détenu par Bruno Peyron depuis 2005.

La partie n’a pas été facile, des premiers préparatifs jusqu’au franchissement de la ligne d’arrivée.  Aucun espoir de battre le record de Bruno Peyron n’était assuré.  Et lorsque cet espoir s’est affermi, il restait encore à savoir si l’avance de Groupama 3 sur le record de Bruno Peyron serait suffisante pour donner au skipper Frank Cammas et à son équipage sur Groupama 3 une véritable sensation de victoire à l’arrivée.  Gagner avec une bonne longueur d’avance est quand même plus grisant qu’une victoire à l’arraché.

Groupama 3

Il n’est pas facile de prédire sur un aussi long parcours si l’avance que l’on détient constituera une réserve de temps suffisante pour parer aux imprévus de la météo et de l’équipement.  Après tout, foncer à la voile en haute mer, dans l’obscurité et tout en retenant un trimaran pur-sang selon l’état de la mer et, en plus, à des vitesses avoisinant, voire dépassant les 30 noeuds n’est pas de tout repos.

Ce nouveau record sera rendu officiel dans quelques heures, le temps au jury de procéder aux constatations d’usage.  Dès lors, l’équipage mieux reposé pourra se préparer à recevoir le trophée Jules Verne. Où qu’il soit, cet écrivain visionnaire du 19ème siècle ne peut que se réjouir du succès de Groupama 3.  Et Bruno Peyron aussi, sans nul doute, parce que grâce à son record de 2005, il avait haussé la barre d’un cran non seulement pour sa propre satisfaction et celle de son équipage, mais aussi pour inciter les prochains voiliers de course au large et leurs équipages à le déloger en temps sur ce long parcours parsemé d’imprévus.  Pourquoi ?  Parce que ces marins réputés n’ont qu’une seule envie : toujours repousser les limites de la voile en haute mer.

Attendez… ai-je bien dit ci-dessus que l’équipage de Groupama 3 entend prendre un repos bien mérité ?  Oui, d’accord, mais ne le sous-estimons pas pour autant car, sitôt ce dernier record battu suivi des festivités d’usage, il se lancera vers de nouveaux défis.  Avant le trophée Jules Verne, ce maxi-trimaran s’était déjà fait remarquer à plusieurs reprises par plusieurs exploits en haute mer, notamment en grandes traversées.  L’équipage et le bateau étaient bien rodés après de multiples  déboires notoires pour enfin se mériter le trophée Jules Verne.

L’ardeur, le savoir-faire, l’endurance de l’équipage de  Groupama 3, sans parler de la conception et des mises au point interminables de ce preux coursier des mers ont fini par porter fruit.

Une nouvelle page de l’histoire de la voile est tournée.  Bravo à l’équipage de Groupama 3 et surtout bonne continuation !

ARTICLES PRÉCÉDENTS SUR LES RECORDS DE VITESSE À LA VOILE :
1) Prochains records du tour du monde à la voile
2) Le point sur les records de vitesse à la voile

Mahone Bay : lieu de prédilection de la voile

Bien nichée dans la côte de la province de la Nouvelle-Écosse au Canada, la baie de Mahone Bay est incontestablement l’un des hauts-lieux de la voile au Canada.  

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Le point sur les records de vitesse à la voile sur l’eau

Dernière nouvelle : Loïck Peyron nouveau vainqueur du Trophée Jules Verne.

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Record de vitesse de pointe non homologué*(malheureusement, suivi d’un chavirage), de tous les temps pour un voilier : 61 noeuds.  Exploit donc mitigé pour l’Hydroptère réalisé à la fin 2008.  Depuis, l’Hydroptère fort de cette leçon d’humilité et ragaillardi s’est attelé à battre de nouveaux records de vitesse moyenne, homologués eux, sur 500 mètres à 51,36 noeuds et, deux mois plus tard environ, sur un mille nautique à près de 49 noeuds.  En mars 2010, il se hissait – c’est le cas de le dire – au premier rang des multicoques en tenant une moyenne frôlant tout juste les 51 noeuds sur une distance d’un mille nautique.

(*Les records de vitesse de pointe à la voile sur l’eau ne font pas l’objet d’une procédure d’homologation officielle.)

Alors là, on s’approche de la cadence d’un mille à la minute.   Lorsque les voiliers sillonneront les mers à 60 noeuds de moyenne, les calculs d’ETA ne seront plus qu’un jeu d’enfant.  Enfin, ne sortez pas le champagne car il y a loin de la coupe aux lèvres, quand bien même les records de vitesse à la voile se multiplient, notamment depuis 1972.

Il existe différents types de records de vitesse à la voile homologués et non homologués. Dans l’article précédent, il s’agissait du palmarès de Groupama 3 sur des parcours de bonne longueur ou de bonne durée.  A ce titre, ce trimaran détient toujours le record des vitesses moyennes les plus élevées tenues par un voilier en tour du monde sans arrêt, mais en équipage.  Pourquoi ce preux coursier des mers ne s’attaque-t-il pas au record de vitesse moyenne en tour du monde sans arrêt et en solitaire?  Est-ce faisable sur de si longs parcours, dans des conditions de mer parfois infernales ?  La question se pose aussi pour l’Hydroptère.  La vocation de Groupama 3 à boucler avec brio la plus longue course en solitaire se résume sans doute en ces quelques mots sobres tirés du site web de Cammas:

(…) intouchable au près, constant au vent de travers, capable de descendre très bas au portant quand la mer reste maniable. Or sur un tour du monde, les conditions de navigation ne sont habituellement très dures que pendant moins de 20% du parcours ! C’est donc sur les 80% restant que Groupama 3 vise à gagner des heures qui, cumulées, feront des jours…

Côté monocoques, il convient de se rappeler que Michel Desjoyeaux, skipper de Foncia, avait battu le record de vitesse moyenne en solitaire sur monocoque en tour du monde et sans arrêt, à l’issue du Vendée-Globe 2008-2009 dont il est sorti grand gagnant.  Desjoyeaux était constamment talonné par Guy Jourdain avant l’avarie qui a contraint ce dernier à relâcher aux Açores.  Miche se serait-il dépassé physiquemment comme il l’a fait, de connivence avec son increvable Open 60, sans Guy à ses trousses ?  On ne connaît pas les risques qu’il a pris.  Toujours est-il que son record du tour du monde tient toujours

Pour prendre connaissance des nouveaux records officiels de vitesse à la voile, il faut s’en remettre normalement au World Sailing Speed Records Council (WSSRC) qui les constate et les classe selon des règles précises, notamment la règle du parcours minimal de 500 mètres.  En réalité, pour répondre à la question précédente, il importe de savoir que les planches à voile et différents prototypes de voiliers hors normes alternent avec les maxi multicoques pour monter à l’assaut de nouveaux records de vitesse de pointe. 

 Le site YachtPals présente un très bon article  à ce sujet.  De fait, il ne se passe pas une semaine sans que, quelque part au monde, un nouveau prototype de voilier ne soit lancé et testé en vue de remporter la palme, officielle ou non, des vitesses de pointe.  Et l’un d’eux défoncera aussi, tôt ou tard, la barre des 61 noeuds. Qu’il suffise de constater, en vitesse de pointe, les récents exploits d’Alexandre Caizergues, homologués à 50,98 noeuds et talonné par Robert Douglas à 50,95 noeuds.  (Voir le nouveau record d’Alexandre Caizergues en fin d’article)

 

Et cela, c’est sans compter la venue de la planche à voile volante, c.-à-d. montée sur un plan porteur comme l’Hydroptère.  Ce nouvel engin pourrait fort bien défrayer la chronique des bolides à voile sous peu. 

De retour aux multicoques, celui qui mérite notre attention est sans nul doute l’Hydroptère lequel, comme son nom l’indique, dépasse les vitesses atteintes par des voiliers plus conventionnels comme, par exemple, Groupama 3, et ce à l’aide de plans porteurs sur lesquels il se hisse dès qu’il atteint une certaine vitesse de calcul.

Une fois sustenté par ces plans porteurs, la résistance de l’eau diminue et l’Hydroptère accélère davantage.  On parle de pointes à 50 noeuds et plus.  La difficulté de comportement de ce coursier à voile dépend, dans l’état actuel des choses, de la surface de la mer.

Combien de temps encore un multicoque détiendra-il le nouveau record de vitesse de 61 noeuds ?  Il se peut qu’un autre type de voilier ait déjà défoncé ce record au moment d’écrire lignes.  Il reste toutefois à prendre connaissance de l’exploit.

Comme on l’a dit auparavant, les plans d’eau lisses sont particulièrement propices aux records de vitesse de courte durée.  Par contre, les plans d’eau lisses ne sont pas de dimensions infinies.  On finit tôt ou tard, en mer, par trouver du clapot, ensuite de la vague et puis de la houle.   Et c’est là que la croisière ne s’amuse plus et doit faire demi-tour.

Pas pour longtemps du moins, car sachez bien que dans les bureaux d’études nautiques ont travaille fort à dessiner des carènes et des plans porteurs qui permettront aux hydroptères à voile en général de reléguer les maxi trimarans hyper-rapides au rang des traîne-la-patte.  Blague à part,  rien n’est sûr encore quant à la tenue des trimarans hydroptères en haute mer et, plus particulièrement, sur des parcours difficiles comme par exemple celui du Vendée-Globe où la maniabilité des voiliers par gros temps est gage de sécurité.

Les essais de vitesse en mer d’hydroptères motopropulsés remontent à la fin du 18ème siècle.  Ce ne sont pas les données techniques qui manquent sur les performances et la stabilité obtenues par ces engins en mer.  En outre, le monde de la voile a connu tout récemment un regain d’intérêt envers un dériveur hydroptère inventé en Australie, en 1930 environ, et portant le nom de «Moth» (rien à voir avec le dériveur léger du même nom): 

Reste à voir dans quelle mesure ces mêmes données peuvent, le cas échéant, entrer dans la conception et la popularisation d’hydroptères à voile de compétition ou – pourquoi pas ? – de promenade en mer.  On verra bientôt ce que l’une et l’autre conceptions, monocoque et (surtout) multicoque hydroptères ou conventionnels, nous réservent comme potentiel de vitesse moyenne et de vitesse de pointe.

Quant aux records de vitesse moyenne sur de longues distances, l’enjeu est différente du fait que l’endurance des équipages et du matériel entrent en ligne de compte.  De ce côté, les événements se bousculent constamment. Voir à cet effet la mise à jour à la fin de cet article. 

En ce qui concerne les hydroptères à voile, je vous suggère pour l’instant d’examiner la vidéo qui suit, en vous laissant deviner quelle conception, entre le trimaran conventionnel et l’hydroptère, sera gagnante sur les longs parcours en termes de vitesse moyenne et de sécurité dans l’optique du transport de passagers payants ou non.

Dommage que l’Hydroptère ait culbuté en tentant de battre tous les records de vitesse de pointe à la voile sur l’eau.  Restez néanmoins aux aguets : l’Hydroptère n’a pas dit son dernier mot.

(Point de langue: l’Hydroptère avec un « h » majuscule est une marque déposée et vise spécifiquement l’hydroptère à voile que l’on voit sur la vidéo ci-dessus.)

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MISES À JOUR
: (1) Loïck Peyron remporte le Trophée Jules Verne (2)  Homologation du record absolu de vitesse à la voile sur l’eau – Alex Caizergues  (3) Le 20 mars 2010, on apprend que le maxi trimaran «Groupama 3» est maintenant le voilier le plus rapide au monde sur de longs parcours après avoir remporté le trophée Jules Verne 2010.  Pour de plus amples détails, veuillez consulter les toutes dernières nouvelles au sujet du nouvel exploit de Groupama 3.